‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 408 sur 689 · LE COMTE · texte numérisé non relu

LE COMTE

Hélas! hélas! Edmond, cette conduite dénaturée me révolte. Je ne leur demandais que la liberté de le plaindre , et ils m'ont interdit le libre usage de ma propre maison; ils m'ont défendu, sous peine d'encourir leur lutine éternelle , de jamais leur parler de lui, de solliciter pour lui, et de le soulager en rien.

EDMOND

O conduite sauvage et dénaturée !

LE COMTE DE GLOCESTER

Va , ne dis rien : la division s'est élevée entre ducs; il y a pis encore. J'ai reçu cette ! lettre qu'il serait dangereux dedivulguer, et que j'ai renfermée dans mon cabinet. Va , le roi sera bien vengé des injures qu'on lui fait souffrir aujourd'hui. Déjà une armée est sur pied. Ii faut nous attacher au parti du roi. Je vais le chercher et le consoler en secret. Toi , Edraoud, reste auprès du duc , et veille sur tes paroles : que rien ne lui fasse soupçonner l'intérêt que je prends au sort de Lear. S'il me demande, dis-lui que je suis malade au lit. — On a été jusqu'à me menacer de la mort! Si je meurs, n'importe; il faut que je secoure le roi mon bon maître. — Voilà d'étranges secrets que je confie au cœur d'Edmond! Je t'en prie, sois circonspect.

r (Il sort.)

EDMOND

Malheur à toi! Va, le duc sera instruit à l'heure même de cette lettre , aussi bien que de ces sentimens de pitié qu'il t'a défendus. C'est , ce me

semble, un service assez important, et qui doit me faire donner tout ce que mon père va perdre : oui, sans exception. La jeunesse s'élève sur les de la vieillesse.

(OSOTI.)

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