I.irem LEAR, LE COMTE DE KENT, «b FOU
EE COMTE DE KENT
Monseigneur, voici l'endroit : mon bon seigneur, entrez ; la rigueur de cette nuit tyrannique passe les forces de l'homme. H ne peut l'endurer que sous l'abri d'un toit.
(I/o LEAR.
LE COMTE DE KENT
r, entrez ici.
LEAR
Veux-tu briser mon cœnr?
LE COMTE DE KENT
Ah! plutôt le mien. Mon bon
Tu regardes comme un mal insupportable cette furieuse tempête qui nous pénètre jusqu'aux os. Oui , c'est un grand mal pour toi. Mais celui dont le cœur est en proie à une grande douleur ne sent presque plus une peine légère. Qu'un ours féroce te poursuive , tu fuiras ; mais si ta fuite rencontre devant elle l'obstacle d'une mer mugissante . tu reviendras affronter l'ours en face. Quand l'aine est libre , le corps est délicat et sensible à la douleur ; mais la tempête qui agite mon cœur lui a dté tout autre sentiment que celui qui le fait si violemment palpiter. — L'ingratitude de ses propres enfans!... N'est-ce pas comme si ma bouche mordait ma main lorsqu'elle lui porte la nourriturc? Mais je serai vengé. Non, je ne veux plus pleurer. — Dans une nuit si affreuse , me repousser de leur maison , et fermer la porte sur moi ! Sévis , tempête ; j'endurerai tes fureurs. — Dans une nuit aussi affreuse ! — O Regan ! ô Goneril ! A votre bon et vieux père , dont le cœur tendre