ACTE III
vous a tout donné ! — Oh ! la frénésie tient à cette pensée ; écartons-la , n'en parlons plus.
LE COMTE DE KENT
Mon bon seigneur, entrez ici.
LEAR
Je te prie, entre toi-même, et cherche ton bien-être. Cette tempête ne me laisse pas le temps de m'arréter sur des idées qui me feraient bien plus de mal qu'elle. — Eh bien ! je Tais entrer. — (a. fon.) Va , mon enfant , entre le premier. — O indigence sans asile ! — Eh bien ! entre donc. Je vais prier le ciel, et je dormirai après, (u ron entre.) — Pauvres infortunés! quelque part que tous soyez, tous qui essuyez toute la fureur de cet orage impitoyable, comment vos têtes nues et sans abri , tos membres exténués par la faim et mal couverts de déplorables lambeaux, se défendrontils contre des saisons aussi cruelles? Ah ! j'ai trop oublié tos besoins. Luxe dévorant, voici ton remède ; expose-toi à souffrir ce que souffrent les malheureux , et tu apprendras à détacher le superflu de tes biens , et en le répandant sur eux , tu feras absoudre la justice du ciel.
EDGAR, ondedau.
Une brasse et demie! une brasse et demie! le pauvre Tom !
LE FOU , tortant avec précipita lion.
N'entre pas, oncle : il y a là un esprit. An secours! au secours!
LE COMTE DE KENT
Donne-moi ta main. — Qui est là?
LE FOU
Un esprit, un esprit, vous dis-je! Il dit qu'il s'appelle le pauvre Tom.
LE COMTE DE KENT
Qui es-tu, toi qui rugis ici sur la paille? Sors.
(Entra Edgar, deguue1 en insenté.) EDGAR.
Va-t'en. Le noir démon me poursuit. A travers les buissons épineux souffle la bise piquante. Cours à ton lit et réchauffe-toi.
LEAR
As-tu aussi donné tout à tes filles? En es-tu réduit là?
EDGAR
Qui Teut faire la charité au pauvre Tora, que le noir esprit a promené à travers les feux et les flammes, à travers les fleuves et les gouffres , sur les lacs et les fondrières? Il a mis des couteaux