ACTE 111. SCENli VII
JK7
LE DUC DE C0RN01A1LLES
Attachez-le à ce siège. — Scélérat, tu vas apprendre...
(Rrgan lui arrache I* t*rbe.) LE COMTE DE GLOCESTF.R.
Par les dieux hospitaliers, c'est me traiter bien indignement que de m'arracher ainsi la barbe.
RECAX.
Tant de perfidie sous des cheveux si blancs!
O femme perverse! ces cheveux blancs que tu m'arraches s'animeront pour t'accuscr. Je suis votre bote; et vos mains barbares ne devraient pas outrager ainsi la face de l'homme qui vous donne l'asile. Que prétendez-vous!
LE DUC DE CORNOUA1LLE8
Allons , seigneur ! quelles eont ces lettres que vous avez reçues dernièrement de France?
REGAN.
Soyez précis dans votre réponse; car nous savons la vérité.
LE DUC DE CORNOUAULLES
Quelles intelligences avez-vous avec les traîtres qui sont débarqués dans ce royaume?
A quelles mains avez-vous confié ce roi en démence? Parlez.
LE COMTE DE GLOCESTER
J'ai reçu une lettre, il est vrai, mais qui ne renferme que de pures conjectures ; elle m'est venue de la part d'un prince qui n'est point votre ennemi : il garde la neutralité.
LE DUC DE COBNOUAILLES
Artifice.
Mensonge.
LE DUC DE CORNOUAUXES
Où as-tu envoyé le roi?
A Douvres.
REGAN.
Pourquoi à Douvres? N'étais- tu pas chargé , peine?...
LE DUC DE CORNOUA1LLES.
Pourquoi à Douvres?— Laissez-le d'abord répondre a cela.
LE COMTE DE GLOCESTER
Je suis attaché au poteau , et il me faut essuyer tous les outrages.
REGAN.
Pourquoi à Douvres?
LE COMTE DE GLOCESTER
Parce que je ne voulais pas voir tes ongles cruels arracher ces pauvres vieux yeux, et ta sœur inhumaine enfoncer dans sa chair sacrée ses défenses de sanglier. — Dans cette affreuse et infernale nuit ! Et recevoir sur sa tête nue la plus effroyable tempête , qui aurait fait bouillonner la mer jusqu'au fond de ses abîmes ! — Et le pauvre vieillard exhortait encore la tempête à redoublei de rage ! — Dans ces heures horribles, si les loups avaient hurlé à ta porte, tu aurais dit : « Bon » portier , tourne la clef. » — Tout ce qu'il y a de cruel dans la nature était adouci ! — Mais je verrai la vengeance ailée du ciel tomber enfin sur de pareils entans.
LE DUC DE CORNOUAILLES
Tu ne le verras jamais.— Amis, tenez bien ce siège. — Je veux écraser tes yeux sous mes pieds.
(GSocetior oti tenu reavrsé, tandis *m la due lai écra*e on ail
•T©C ND pied.)
LE COMTE DE GLOCESTER
Oh 1 que celui qui espère parvenir a la vieillesse me donne du secours! — O cruel ! — O dieux I
REGAN.
Il y en aurait un de jaloux : l'autre aussi.
LE DUC DE CORNOUAILLES
Si tu vois à présent la vengeance...