‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 427 sur 689 · LK'AK · texte numérisé non relu

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rayons entrelaces sortaient de sa tète, et semblaient ondoyer comme ta mer agitée par lèvent: c'était quelque génie. Ainsi, heureux vieillard, sois persuadé que tes jours ont été sauvés par les dieux mêmes. Les dieux se font gloire de signaler leur puissance dans ce qui est impossible aux hommes.

LE COMTE DE GLOCESTER

En effet, je me rappelle à présent. — Désormais, je supporterai donc l'affliction jusqu'à ce qu'elle cric d'elle-même : Assez, assez, meurs. — Cet esprit dont tu me parles , je l'ai pris pour un homme ; il ne cessait de répéter : V esprit , V esprit ; c'est lui qui m'avait conduit sur ce mont.

EDGAR

Console-toi, et prends patience. — Mais qui

Vient ici ? (Entre Lear biiarremeot couronné de ftart.) — Qui

vient ici ? Jamais homme jouissant de son bon fccns ne s'est montré sous cet accoutrement bizarre.

LEAR

Non ; ils ne peuvent me condamner pour battre monnaie ; je suis le roi en personne.

EDGAR

O spectacle qui me perce le cœur t

LEAR

En cela la nature est supérieure à l'art. — Voilà l'argent de votre engagement. Ce drôle tient son arc comme un épouvantai! à corbeau ; lancezmoi une aune de drapier. — Regardez, regardez, une souris. Paix ! paix 1 — Ce morceau de fromage grillé fera 1'aflaire. — A peine est-il bon à épouvanter les corneilles. — Voilà mon gantelet : j'eu veux faire l'essai sur un géant. — Apportez les haches de bataille. — Oh ! oh ! bien volé, oiseau ! Dans le but , dans le but ! holà ! — Donnez le mot

Bienfaisante marjolaine !

LEAR

Passe.

LE COMTE DE G L OC ESTER

Je connais cette voix.

LEAR

Ah Coneril ! — Avec une barbe blanche ! ils me flattaient comme on chien rampant ; ils me disaient que j'avais des poils blancs au menton, avant même que j'en eusse des noirs. — Répondre oui et

non à tout ce que je disais ! Quand la pluie est venue me tremper, et que le vent me faisait frissonner ; quand le tonnerre n'a pas voulu se taure à mon ordre, c'est alors que je les ai connus . que j'ai senti ce qu'ils étaient. Va, va, ce ne sont pas des hommes de parole. Ils me disaient que j'étais tout-puissant : c'est un mensonge ; je ne suis pas à l'épreuve de la fièvre.

LE COMTE DE GLOCESTER

Les sons et l'accent de cette voix ne me sont pas inconnus ; n'est-ce pas le roi ?

LEAR

Oui , le roi , depuis les pieds jusqu'à la téte. — Quand je prends un air sévère , vois comme mes sujets tremblent. — Allons, je lui fais grâce de la vie. — Quel était son crime ? L'adultère ? Tu ne mourras point. Mourir pour on adultère ? Non , non ; le roitelet et le jeune papillon courent gaiment le commettre devant mes yeux. Que la population prospère. Le bâtard de Gloc ester a été plus humain pour son père que ne l'ont été pour moi mes filles engendrées dans une couche légitime. Courage, débauchés ; mêlez les sexes ; aussi bien j'ai besoin de soldats. — Considérez cette dame, avec son sourire ingénu : en voyant son visage au travers de la main qui le cache , on dirait qu'elle est de glace. Eh bien ! le seul nom de volupté fait évanouir sa vertu, et lui fait agiter la tète. Le chat et l'étalon enfermé dans l'écurie ne courent pas au plaisir avec plus de passion et d'ardeur. Ce sont des centaures, quoique la partie supérieure soit d'une femme ; la ceinture est pour les dieux , les démons habitent le reste. — Honnête apothicaire , donne-moi une once d'eau rose de civette , pour calmer ma douleur de tète. Voilà de l'argent pour toi.

LE COMTE DE GLOCESTER

Oh ! laissez-moi baiser cette main.

LEAR

Attends donc que je l'essuie, car elle sent la mortalité.

LE COMTE DE GLOCESTER

O ruines déplorables du plus bel ouvrage de la nature 1 Ce monde aussi rentrera dans le néant — Me reconnais-tu ?

LEAR

Oui . je me rappelle bien tes yeux. Tu louches, je pense. Fais du pis que tu pourras, aveugle Cupidon ; je n'aimerai plus. — Lis ce cartel ; remarques-cn surtout les caractères.

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