‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 433 sur 689 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

EDMOND

J'ai juré à ces deux sœurs que je les aimais : elles sont jalouses, et se haïssent de la haine que l'homme a pour le serpent qui l'a piqué. Laquelle des ileux prendrai-je? Toutes les deux? L'une des deux ? Ni l'une ni l'autre? — Tant que toutes les deux vivront , je n'en puis posséder aucune. Prendre la veuve , c'est irriter Goncril jusqu'à la fureur ; et tant que son mari respirera , j'aurai bien de la peine à venir à bout de mon projet. Commençons toujours par nous servir de son appui dans le combat ; et après , que celle qui voudra se défaire de lui se charge de trouver le moyen de l'expédier promptement. — Quant au dessein que nourrit sa pitié pour Lear et Cordelia , la bataille une fois gagnée , et leurs personnes en ma puissance, ils ne jouiront jamais de sa clémence. — Mon intérêt , à moi, est de me défendre, et non de disputer.

( Il tort.)

Page 1