‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 444 sur 689 · ACTE I , SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE III

OBLANDO.

Ne puis-je donc dire , je vous rends grâces T Dépouillé de tous mes ornemens , ce qui reste ici de moi n'est 'qu'une quinuine (1), dégarnie de tous ses trophées renversés, qu'un tronc sans ame et sans vie.

ROSALINDE

11 nous rappelle : mon orgueil est tombé avec ma fortune. Je vais lui demander ce qu'il veut. — Avez- vous appelé, monsieur? Monsieur, vous avez lutté à merveille, et vous avez vaincu plus que vos ennemis.

CÉLŒ.

Voulez-vous venir, cousine?

ROSALINDE

Allons , du courage. — Adieu.

(RoMliad« et Célie torUal.) ORLANDO.

Quelle passion appesantit donc et enchaîne ainsi ma langue? Je ne peux lui parler, et cependant elle désirerait de m'entretenir. (Boire Le Bm«.) O pauvre Orlando! tu es vaincu; ou Charles, ou quelque être bien plus faible que lui , te maîtrise et te subjugue.

LE BEAU

Mon bon monsieur, je vous conseille , en ami , de quitter ces lieux. Quoique vous ayez mérité les éloges , les applaudissemens sincères et l'amitié de de tout le monde, cependant telles sont maintenant les dispositions du duc, qu'il interprète contre vous tout ce que vous avez fait : le duc est bizarre et capricieux ; enfin il vous convient mieux à vous de juger ce qu'il est qu'à moi de vous l'expliquer.

ORLANDO

Je vous remercie, monsieur ; mais dites-moi , je vous prie , laquelle de ces deux dames , qui assistaient ici à la lutte, était la fille du duc ?

LE BEAU

Ni Tune ni l'autre, si nous en jugeons par les procédés et le caractère; cependant la plus petite est vraiment sa fille, et l'autre est la fille du duc banni , détenue ici par son oncle l'usurpateur, pour tenir compagnie à sa fille ; car elles s'aiment Tune et l'autre plus que deux sœurs ne peuvent

(1) La quintaine était un poteau fiché en plaine . où l'on suspendait un bouclier ou autres trophées de guerre, qu'on visait à pied au Javelot , ou à cheval avec la lance.

Parmi les eierricea romains , H y en avait un nommé qainiaua. ' GlJTHRlB.

s'aimer, liais je vous dirai que depuis peu ce

duc a pris sa charmante nièce en aversion , sans aucune autre raison, que parce que tout le monde fait l'éloge de ses vertus, et la plaint pour le sort de son bon père. Sur ma vie I l'aversion du duc contre cette jeune dame éclatera avant qu'il soit peu. Adieu, monsieur; dans la suite, lorsque nous serons dans un meilleur monde que celui-ci , je serai charmé de lier une plus étroite connaissance avec vous, et d'obtenir votre amitié.

(Uftxt.)

ORLANDO

Je vous suis très redevable) monsieur. Adieu. Ainsi je tombe de Charylxie dans Scylla , je quitte un duc tyran pour rentrer sous un frère tyran; mais, 6 divine RosaUnde!....

(n.ort.)

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