‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 451 sur 689 · C NE III · texte numérisé non relu

C NE III

la haisob l'oima.

Entreat ORLANDO et ADAM.

ORLANDO

Holà! quelqu'un.

ADAM

Quoi ! c'est vous, mon jeune maître? O mon cher maître ! O mon doux maître ! O vous, image vivante du vieux chevalier Rowland I Quoi! que faites-vous ici? Ah ! pourquoi êtes-vous vertueux? pourquoi le monde vous aime-t-il? pourquoi êtesvous aimable, fort et vaillant? pourquoi étiezvous si jaloux de vaincre le nerveux lutteur du capricieux duc? Votre gloire vous a trop tôt devancé dans cette maison. Ne savez-vous pas, mon maître , qu'il est des hommes pour qui toutes les

(1) RoynUk, du français, rogueux.

COMME VOUS L'AIMEZ

qualités qu'ils peuvent avoir deviennent autant d'ennemis? Voilà tout le fruit que vous retirez des vôtres; vos vertus, mon cher maître, sont pour vous autant de traîtres, sons une forme angélique et céleste. Oh! quel monde est celui-ci, où le beau et le bon sont la perte de l'homme qui les possède '

ORLANDO

Quoi donc! de quoi s'agit-il?

ADAM

O malheureux jeune homme, ne franchissez pas le seuil; l'ennemi de votre mérite habite sous ce toit : votre frère— (non, il n'est pas votre frère, mais.... k fils... non... pas le fils.... je ne veux pas l'appeler fils... de celui que j'allais appeler son père) a appris votre gloire, et cette nuit môme, il se propose de brûler le logement où vous avez coutume de coucher, et vous dedans. S'il ne réussit pas dans ce projet, il trouvera d'autres moyens de vous faire périr ; je l'ai entendu , par hasard , méditant son complot : ce n'est pas ici un lieu de séjour pour vous; cette maison n'est qu'une boucherie; abhorrez-la» redoutez-la, n'y entrez pas.

moi à votre service : quoique je paraisse vieux, je suis encore nerveux et robuste; car dans nia jeunesse je n'ai jamais fait usage de ces liqueurs brûlantes qui portent le trouble dans le sang, et jamais je n'ai cherché, avec un front sans pudeur, les moyens de ruiner et d'affaiblir ma constitution : aussi ma vieillesse est telle qu'un hiver serein et glacé, mais doux et sain. Laissez-i je ferai le service d'un homme pins jeune toutes vos affaires et dans tous vos ]

Mais, mon cher Adam, où veux-tu que j'aille ?

N'importe où ,

que vous ne veniez pas

ORLANDO

Quoi! voudrais-tu que j'allasse mendier mon pain; ou bien voudrais-tu qu'armé de l'infâme épée d'un assassin , j'allasse , comme un brigand, vivre et attaquer les passans sur le grand chemin? Il faut que je fasse cet odieux métier, ou je ne sais que faire; et cependant je ne veux pas faire ce métier, quelque chose qui arrive; j'aimerais mieux me livrer à la haine d'un sang dégénéré , d'un frère barbare,

ADAM

Mais ne le faites pas : j'ai cinq cents écus qui me viennent des épargnes que j'ai sauvées sur mes gages sous votre père ; j'ai amassé cette bourse pour me servir de nourrice lorsque mes membres vieillis et perclus me refuseraient le service, et que ma vieillesse méprisée serait jetée dans un coin obscur ; prenez cela ; et que celui qui nourrit les corbeaux, et dont la providence amasse la provision du passereau , soit le support de ma vieile. Voilà l'or; je vous le donne tout; recevez-

ORLANDO

O bon vieillard! tn es une image fidèle de ces serviteurs constat» de l'ancien temps , qui servaient par amour de leur devoir, et non pour le salaire. Tu n'es pas de ce siècle, où l'espoir de l'avancement et de la fortune est le seul mobile qui fasse travailler les hommes, et le moment où ils obtiennent leurs désirs, cesse leur service : tn n'en agis pas ainsi. Mais, pauvre vieillard, tu rajeunis un arbre mort, qui ne saurait même pro-

ton économie; mais, viens, suis ton nous irons ensemble ; et avant que nous ayons dépensé les gages qui sont le fruit de ta jeunesse, nous trouverons quelque petit établissement fixe où nous vivrons contens.

ADAM

Allez, mon maître, allez, je vous suivrai jusqu'au dernier soupir avec fidélité et loyauté. J'ai vécu ici depuis l'âge de dix-sept ans jusqu'à près de quatre-vingts; mais de ce moment, je n'y reste plus. Plusieurs cherchent fortune à dix-sept ans, mais à quatre-vingts il est trop tard d'une semaine. La fortune ne saurait cependant me mieux récompenser qu'en me faisant mourir en bon-r néte homme , et quitte de ce que je devais à mou maître.

Entrent ROSALINDE mi habit de jeune gtrçon w>o» le i àe G.njmède ; CÉLIE , babillé* m baigëre, mm ?c wom

d'AMoa, ti u ptjMA TOUCHSTONE.

ROSALINDE

O Jupiter! que mes esprits sont fatigués t

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