‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 506 sur 689 · I.AVWIA · texte numérisé non relu

I.AVWIA

Chers seigneurs, priez-la d'entendre seulement un mot de moi.

DÉMÉTRIUS

Écoutez-la, belle dame : faites-vous un triomphe de voir couler ses larmes; mais que noire cœur les reçoive avec l'insensibiUté dont laroene reçoit les gouttes de pluie.

LA V INI A.

Depuis quand les jeunes tigres ont-ils enseigné la cruauté à leur mère? Oh! n'instruis pas sa rage : c'est elle qui t'a inspiré la tienne. Le lait que tu as sucé de son sein s'est changé en marbre : lu as puisé de ses mamelles mêmes la tyrannie. — ( vchtron.) Et cependant toutes les mères n'enfantent pas des fils qui leur ressemblent. Prie-la plutôt de monu-er la pitié d'une femme.

CHIRON

Quoi ! voudrais-tu donc que je fisse croire par ma conduite que je suis un bâtard?

LAV1NIA

Il est vrai que le noir corbeau n'engendre pas la joyeuse alouette. Cependant j'ai ouï dire ( oh ! je crois en voir aujourd'hui la vérité) que le lion, touché de pitié , souffrait qu'on lui coupai les ongles de ses serres ; on dil que les corbeaux nourrissent les enfans d'autres oiseaux délaissés orphelins, tandis que leurs propres enfans languissent affamés dans leur nid. Sois pour moi , en dépit de ton cœur dur, non pas un être tendre , mais un être pitoyable.

TAMORA

Je n'entends pas ce qu'elle veut dire : entrainez-la.

LAV1N1A

Ah ! permets que j'instruise ton cœur à la pitié; au nom de mon père qui t'a donné la vie, dans un temps où il était le maître de te l'ôter, ne t'endurcis point contre ma plainte, ouvre ton oreille à

ma prière.

TAMORA

Quand tu ne m'aurais pas fait un outrage personnel, le nom de ton père me rendrait impitoyable pour toi. — Souvenez-vous , mes enfans , que mes larmes ont coulé en vain pour sauver rotre frère du barbare sacrifice : le cruel Andronicus n'a pas voulu s'attendrir. Emmenez-la donc , traitez-la à votre gré ; plus vous l'outragerez , et plus vous serez aimés de votre mère.

lavinia.

Tamora, mérilele nom d'une reine bienfaisante en me tuant ici de ta propre main; car ce n'es»

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