SCENE
LE JEUNE LUCIUS, « LAVINIA «iml apte Inl. Ujewnfutb Mt. «m inlino k>« ton
TITUS «i MARCUS.
LE JEUNE LUCIUS
A u secours, mon grand-père , au secours 1 Ma tante Lavinia me suit partout , je ne sais pourquoi. Mon cher oncle Marcus, voyez comme elle court après moi. — Hélas! chère tante , je ne sais pas ce que vous voulez.
MARCUS
Reste près de moi, Lucius; n'aie pas peur de ta tante.
TITUS
Elle t'aime trop , mon enfant, pour te faire du
LE JEUNE LUCIUS
Oh ! oui; quand mon père était dans Rome, elle m'aimait bien.
Que veut me faire entendre ma nièce Lavinia par ces signes qu'elle fait?
TITUS
N'aie pas peur d'elle , Lucius. — Elle vent dire quelque chose. — Vois , Lucius, vois comme elle t'invite. — Elle veut que tu ailles quelque part avec elle. Ah ! mon ami , jamais Cornélie ne fut plus assidue , n'eut plus de plaisir à lire à ses enfans d'agréables poésies, et les harangues de Cicéron, que n'en eut ta tante à te faire les mêmes lectures. Ne peux-tu deviner pourquoi elle te sollicite d'une manière si pressante T
LE JEUNE LUCIUS
Monseigneur, je n'en sais rien , moi, ni ne le peux deviner ; à moins que ce ne soit quelque accès de frénésie qui l'agite; car j'ai souvent oui dire à mon grand-père que l'excès du chagrin rendait les hommes fous; et j'ai lu qu'Hécube de Troie devint folle de douleur : c'est ce qui m'a effrayé, quoique je sache bien que ma noble tante m'aime aussi tendrement qu'ait jamais fait ma mère, et