‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 526 sur 689 · SCÈNE m. 49t · texte numérisé non relu

SCÈNE m. 49t

Initiai fteupU, pour arranger une matière de querelle entre mon oncle et un des gens de l'impériat(i).

MARCUS

Allons, seigneur; cela est juste comme il faut pour votre harangue. Qu'il aille remettre les pigeons à l'empereur de votre part.

TITUS

Dis-moi, peux-tu débiter une harangue à l'empereur avec grâce?

LE PAYSAN

Franchement, seigneur, je n'ai jamais pu dire une fois grâce dans toute ma vie.

TITUS

Allons, approche : ne fais plus de difficultés, mais donne tes pigeons à l'empereur. Par moi tu obtiendras de lui justice. Arrête , arrête. — En attendant, voilà de l'argent pour ta commission. — Donnez-moi une plume et de Pencre. — L'ami, peux-tu remettre une supplique avec grâce? LE PAYSAN.

Oui, seigneur.

TITUS

Eh bien, voilà ici une supplique pour toi. Et quand tu seras introduit près de l'empereur , dès le premier abord, il faut te prosterner; ensuite lui baiser les pieds; et alors, remets-loi tes pigeons, et attends ta récompense. Je serai près de toi, l'ami. Vois à l'acquitter bravement de ce message.

LE PAYSAN

Oh ! je vous le garantis que je m'en acquitterai bien : laissez-moi faire.

TITUS

Dis, as-tu un couteau? Voyons-le. — Marcus.. plie-le dans la harangue, car m l'as faite sur le ton d'un humble suppliant. — Et lorsque tu l'auras donnée à l'empereur, reviens frapper à ma porte , et rapporte-moi ce qu'il t'aura dit.

LE PAYSAN

Dieu soit avec vous, seigneur! J'y vais.

TITUS

Allons, Marcus, partons. — Publius, suis-moi.

(OiMrtMt.)

(1) Il est presque inutile d'avertir le lecteur que tribunal peuple et gens de Yimpà-iai sodi mis ki pour tribun

do peuple et gens de l'empereur.

TITUS ANDRONICLS.

8CEIVE IV.

Entrent l'EMPEREUR, l'IMPERATRICE , <IM de««nL8. L'«»p«n«rpofi4.àUm«in le* flèche. q« Tilu.

SATURNINES.

Que dites-vous, seigneurs, de ces outrages? A-t-on jamais vu un empereur de Rome insulte, vexé et bravé en face avec tant d'impudence , et traité avec ce mépris , pour avoir déployé une justice impartiale? Vous le savei, messeigneurs, comme le savent aussi les dieux , que , quelques calomnies que les perturbateurs de notre paix murmurent à l'oreille du peuple , il ne s'est rien fait que de l'aveu des lois et dans les formes de la justice contre les fils téméraires du vieux Andronicus. Et parce que ses chagrins ont vaincu et troublé sa raison , faudra-t-il que nous soyons ainsi persécutés de ses vengeances, des accès de sa frénésie et de ses insultes amères? Le voilà maintenant qui appelle le ciel pour le venger. Voyez, voici une adresse à Jupiter, une autre à Mercure, celle-ci à Apollon, celle-là au dieu de ta guerre. D'agréables écrits vraiment à voir circuler dans les rues de Rome ! Quel est le but de ces adresses satiriques, si ce n'est de diffamer le sénat, et de nous flétrir en tous lieux du reproche d'injustice? N'est-ce pas là une agréable tournure de folie, messeigneurs? comme s'il voulait lérer! Endurerai-je plus long-temps ces odieux dire qu'il n'y a point de justice dans Rome. Mais, scélératesses? Je sais d'où part encore cette lettre : si je vis, sa feinte démence ne lui servira pas cela peot-il se supporter? Comme si ses traîtres

suites le plus faible ou le plus honnête homme df Rome. (A put.) Oui, il convient à la profonde et pénétrante Tamora de les flatter tous. — Mais. Titus, je t'ai touché au^if, et tout le sang de u vie s'écoulera. Si Aaron est maintenant en sûreté, tout alors est bien, et l'ancre est dans le port. (Entre le p«y»*B.) — Eh bien, qu'y a-t-il ,mon ami? Veux-tu nous parier?

LE PAYSAN

Oui, vraiment, si vous êtes la majesté impériale.

TAMORA

Je suis l'impératrice. — Mais voilà l'empereur assis là-bas.

LE PAYSAN

C'est lui que je demande. — Que Dieu et Etienne vous donnent le bonheur! Je apporté une lettre et une paire de colombes voilà.

( SatnrniBBt lit U lettre. )

SATUBJSTNL'S.

Qu'on le saisisse , et qu'on le pende sur

LE PAYSAN

Combien aurai-je d'argent?

TAMORA

Allons, misérable, il faut que tu sois pendu.

LE PAYSAN

Pendu! Par Noire-Dame, j'ai donc apporté ici mon cou pour un bel usage !

(H»ort.)

SATURNINCS.

Des outrages sanglans et qu'on ne peut pasto-

d'abri contre la vengeance. Lui et les siens ap- enfans que la loi a condamnés à

prendront que la justice respire dans saturmnus ; et si elle sommeille, ses insolens procédés la réveilleront si bien , que , dans sa fureur , elle fera disparaître du monde le plus impudent des conspirateurs qui soient dans son enceinte.

TAMORA

Mon gracieux seigneur, très aimable Saturninus, le maître de ma vie, le roi de toutes mes pensées, calmez-vous, et supportez les fautes de la vieillesse de Titus ; c'est l'effet des chagrins qu'il ressent de la perte de ses vaillans fils, dont la mort a fait dans son cœur une large et profonde plaie. Et preuez pitié de l'état déplorable de ses organes troublés , plutôt que de poursuivre pour ces in-

pourle

meurtre de notre frère, avaient été ii égorgés par un ordre arbitraire de mon caprice! Allez, traînez ici ce scélérat par les cheveux : ni son âge , ni la considération de ses services ne seront un privilège pour lui. Va , pour cette audacieuse insulte, je serai moi-même ton meurtrier, insolent et frénétique misérable, qui m'aidas à monter au faite des grandeurs, dans l'espérance que tu gouvernerais et Rome et moi.

SATt'RNlNL'S.

Quelles nouvelles, yEmilius?

JEMILIL'S.

Aux armes, aux armes,

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