LE GOTH
Illustre Locius, je me suis écarté de notre armée pour aller considérer les ruines d'un
1ère; et comme j'avais les yeux fixés arec attention sur cet antique et vaste édifice, j'entends soudain la voix d'un enfant , qui criait au pi*i d'une muraille. Je me tournai du côté de la voix, et aussitôt j'entendis gronder l'enfant , et lai dire :
■ Paix , petit marmot basané , dont la couleur et
■ les traits tiennent de moi et moitié de ta mère :
• ta nuance ne décèle-t-el)e pas de qui tu es né ? » Si la nature t'avait seulement donné la poysic- » nomie de ta mère, petit misérable , tu aurais » pu devenir un empereur; mais quand le tau- » reau et ta génisse sont tous deux blancs comme
• lait, jamais ils n'engendrent un veau noir » comme le charbon. Tais-toi, petit malheurenx, » tais-toi. » Voilà ce qu'on disait à l'enfant, et continuant : ■ 11 faut que je te confie à un Goth, » qui , quand il saura que tu es fils de l'impéra- » trice , prendra de ton enfance un tendre soin
■ en considération de ta mère. > Aussitôt , moi . je tire mon épée , et foods sur ce More, que j'ai surpris à ('improviste , et que je vous amène ici ; ordonnez de lui ce que vous jugerez à propos.
LUCÎUS.
O digne Goth! Voilà le démon incarné qui a privé le bon Andronicus de sa main glorieuse, voilà le bijou qui charmait les yeux de votre impératrice , et vous voyez le vil fruit de ses lascives amours. — Réponds, esclave à l'œil bbnc, où voulais-tu porter cette image de ta face infernale? Pourquoi ne parles-tu pas î — Quoi ! es-tu sourd? Quoi ! pas un seul mot? Une corde, soldat : pendez-lcà cet arbre, et à côté de lui le fruit honunix de. sa débauche.