ACTE IV, SCÈNE I
DESDEMONA
Cher cousin , il est survenu entre lui et mon époux une mésintelligence fâcheuse ; mais vous saurez tout pacifier.
OTHELLO
En étes-vous bien sûre ?
DESDEMONA
Seigneur!
OTHELLO cootinoeat de lire.
« Ne mangues pat de vous y conformer. Si » vous voulez....
LODOVICO
Il ne s'adressait à personne : c'est de la lettre qu'il est occupé. — Est-ce qu'il y a de la division entre le général et Cassio î
DESDEMONA
Une tout à fait malheureuse. Je voudrais pour beaucoup les réconcilier, par l'amitié que je porte
OTHELLO
Feux et tonnerre!
Seigneur?
OTHELLO
Avez-vous votre raison?
Quoi! est-il irrité?
LODOVICO
Il se peut que la lettre lui cause cette émotion ; car le sénat, je crois, le rappelle àYenisc, et
Je baise cet écrit interprète de leurs ordres.
Et quelles nouvelles, cher cousin Lodovico? JAGO.
Je suis ravi de vous voir, seigneur; soyez le bien-venu en Chypre.
LODOVICO
Je vous rends grâces. Comment se porte le lieutenant Cassio?
JAGO
Il vit , seigneur.
Croyez-moi, j'en suis bien
En vérité ?
OTHELLO
aise, moi, de vous voir insensée.
DESDEMONA
Pourquoi, cher Othello?
OTHELLO
Démon!
(B la frappa.)
DESDEMONA
Je n'ai pas mérité ce traitement
LODOVICO
Seigneur, voilà ce qu'on ne croirait pas à Ve-
OTHELLO
nise , quand je jurerais que je l'ai vu de mes yeux. C'est aller trop loin. Consclez-la du moins , elle pleure.
OTHELLO
O démon , démon! si les pleurs d'une femme pouvaient féconder la terre, chaque larme qui tombe deviendrait mère d'un serpent. — Hors de ma vue!
Je ne veux pas rester , puisque je
(Elle fait quelquei pu pour MrUr.) LODOV1CO.
En vérité, voilà une épouse bien soumise! Je vous en conjure , seigneur ,
DESDEMONA
Seigneur!
OTHELLO
Que lui voulez-vous , monsieur?
LODOV1CO.
Qui, moi , seigneur?
Oui, vous; vous avez désiré que je la fisse revenir. Seigneur, elle peut revenir et s'en aller, et revenir encore; et elle peut pleurer, seigneur, pleurer; et clic est soumise, comme vous dites, soumise , oh ! très soumise! — <a Dndemou.) Continuez , versez vos larmes. — (a LodoTico.) Quant à cette lettre, seigneur.... — (a Dwdfmom.) Oh ! passion bien jouée ! — (a Ui-ntm*.) On me rappelle à Venise. — (a DwtaDOM.) Sortez; je vous manderai dans un moment. ■ — (a Lodorico.) Seigneur , j'obéis aux ordres; et je vais me rendre a Venise.
(A DesdemoM.) Hors d'ici, SOltCZ ! (Dwdemoni tort.)
— Cassio prendra ma place , soit. Et (• Lod<m«o, seigneur, je vous invite à souper chez moi ce soir. Vous êtes le bien-venu en Chypre. — (En »>n aiiui.) Perfidie et corruption !
(n«rt)
LODOV1CO.
Est-ce là ce fameux More que notre sénat, d'une voix unanime, qualifie d'homme universel? Est-ce là ce grand caractère que ne peut ébranler le choc des passions, et ce ferme courage impénétrable aux traits du sort?
JAGO
Il est bien changé.
LODOVICO
Sa tête est-elle bien saine? N'est-il pas sujet à des absences de raison?
JAGO
11 est ce qu'il est : je ne puis me permettre de dire ce que je pense de lui. S'il n'est pas tout ce qu'il pourrait être, je prie le ciel qu'il le soit.
LODOVICO
Gomment! frapper sa femme!
JAGO
En effet, cela n'était pas trop à sa place; et cependant je voudrais être assuré que ce trait de violence sera le plus grand de ses excès.
LODOVICO
Est-ce en lui une habitude? Ou les lettres du sénat lui auraient-elles allumé le sang au point de
JAGO
Hélas ! hélas ! il ne serait pas honnête à moi de révéler ce que j'ai vu et su. Vous l'observerez , et lui-même il se fera assez connaître pour me dispenser de parler : ayez seulement l'œil sur lui, et voyez la suite de ses actions.
LODOVICO
J'ai regret de m'être trompé sur son compte.
(n,»rt.ng
SCEXE II.
ira act»» appamk*e:<t dams le château.
OTHELLO et ÉMILIA.
OTHELLO
Vous n'avez donc rien vu?
ÉMHXA.
Ni rien entendu, ni jamais rien soupçonné.
OTHELLO
Mais vous les avez vus, elle et Cassio , ensemble.
ÉMIUA.
Mais alors je n'ai rien vu de suspect; et cependant j'entendais le son de chaque syllabe de leur entretien.
OTHELLO
Quoi ! ils ne se sont jamais parlé bas?
ÉMILIA
Jamais, seigneur.
Ils ne vous ont pas quelquefois éloignée d'eux f