SCÈNE I
moi , et que j'étais dans l'intention d'en parler à Démétrius. Surchargé de mes affaires personnelles, celle idée s'est échappée de mon esprit. — Mais venez, Démétrius; et vous aussi, F.gée: vous allez me suivre. J'ai quelques instructions particulières à vous donner. — Quant à vous, belle Hcrmia , voyez à faire un effort sur vous-même , pour plier vos penchans à la volonté de votre père ; autrement, la loi d'Athènes, que nous ne pouvons adoucir par aucun moyen , vous force de choisir entre la mort et la vie sohtaire. — Venez , ma chère Hippolyte. Comment se trouve votre cœur, ma bien-aiméeî — Démétrius , et vous, Égéc, suivez-nous. J'ai à vous charger de quelque emploi relatif à notre mariage , et aussi à conférer avec vous sur un sujet qui vous intéresse vousmêmes personnellement.
EGÉE
Nons vous suivons avec respect et plaisir.
(Thi-*éeet Hippolfte lortent i»cc leur suite; Démftriaiet tgtti le» acoonpagneat.)
LYSANDRE
Qu'avez- vous donc, mon amour? Pourquoi cette pâleur sur vos joues? Quelle cause ce a donc si vite flétri les roses vermeilles?
HERMIA
Apparemment le défaut de rosée , qu'il me serait aisé de leur prodiguer de mes yeux gonflés de larmes.
LYSANDRE
Hélas! par tout ce que j'ai jamais lu dans l'histoire , ce que j*ai jamais entendu par récits , jamais le cours des amours sincères ne fut sans trouble et sans orages. Mais tantôt les obstacles vinrent de la différence des conditions.
HERMIA
Oh ! c'est une source de contradictions et de malheurs, quand l'amour enchaîne le prince à l'humble bergère.
LYSANDRE
Tantôt une disproportion choquante sépare les années.
HERMIA
Oh ! c'est un fléau que l'automne des ans soit uni à leur printemps.
LYSANDRE
Tantôt c'est un choix forcé par l'aveugle complot d'amis imprudens.
HERMIA
Oh ! c'rst un enfer de choisir l'objet de son amour par les yeux d'aulrui.