ACTE H, SCÈNE II
OBERON
^ lorsqu'une fois j'aurai le suc de celte plante , j'épierai l'instant où Titania sera endormie, et j'en laisserai tomber une goutte sur ses yeux. Le premier objet qu'ils verront à son réveil , fût-ce un lion, un ours, un loup, un taureau, un satyre ou le singe aelifet curieux , elle le poursuivra avec un cœur plein d'amour; et avant que j'ôte ce charme de sa paupière , ce que je peux faire avec un autre simple , je l'obligerai à me céder son page. Riais qui vient en ces ueux ? Je suis invisible et je veux entendre leur entretien.
(Entrent Dcnxitriu» et Uélènc qui lo »oit.) DÉMÉTRIL'S.
Je ne t'aime point : ainsi cesse de me poursuivre. Où est Lysandrc et la belle ilermia ? Je tuerai l'un ; l'autre me tue. Tu m'as dit qu'ils s'étaient sauvés dans le bois ; m'y voilà dans le bois, et je suis furieux de n'y pouvoir trouver mon Hermia. Laisse-moi; éloigne-toi, et ne me suis pins.
HÉLÈNE
Vous m'attirez malgré moi sur vos pas, cœur plus dur que le diamant ; mais ce n'est pas un vil fer que vous attirez : mon cœur est pur et sans alliage, comme l'acier. Perdez cette force secrète qui m'attire vers vous, et je n'aurai plus le pouvoir de vous suiv re.
DÉ.VIÉTRIUS.
Est-ce que je vous sollicite? Est-ce que je vous attire par de douces paroles, et ne vous déclare je pas plutôt sans cesse la vérité nue, que je ne vous aime point , que je ne peux vous aimer?
HÉLÈNE
Et je ne vous en aime que davantage. Je ressemble à votre chien fidèle : plus vous me maltraitez, Démétrius , et plus je veux vous caresser. Traitez-moi seulement comme lui : rebutez- moi, frappez-moi, méprisez-moi, cherchez à m'égarer, à me perdre ; mais du moins accordez-moi la liberté de suivre vos pas, quelque indigne que je sois de vos regards. Quelle place plus humble dans votre amour puis-je implorer ? Et ce serait encore pour moi une faveur d'un prix inestimable que le . privilège d'être traitée comme vous traitez votre chien.
DÉMÉTRIUS
Ne provoque pas trop la haine de mon ame : je suis malade quand je te vois.