‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 557 sur 689 · TOUR · texte numérisé non relu

TOUR

HÉLÈNE

Et moi, je le suis quand je ne vous vois pas.

DÉMÉTRIL'S.

Vous compromettez trop votre sexe et sa pudeur, en quittant ainsi la viHe et vous livrant seule à la merci d'un homme qui ne vous aime point ; en vous confiant imprudemment aux ombres dangereuses de la nuit , aux conseils funestes de la solitude , avec le riche trésor de votre virginité.

HÉLÈNE

Votre mérite est mon excuse : la nuit cesse pour moi quand je vois vos traits : je ne crois plus être alors dans les ténèbres; ce bois n'est point une solitude pour moi ; avec vous j'y trouve tout l'univers: comment donc pouvez-vousdirequeje sois seule, lorsque je me crois environnée de tout ce qu'il y a d'êtres dans le monde.

DÉMÉTRIL'S.

Je vais m'enfuir loin de toi, et me cacher dans l'épaisseur des fougères, le laissant à la merci des bêtes féroces.

HÉLÈNE

La plus féroce n'a pas un cœur aussi cruel que le vôtre. Fuyez où vous voudrez ; vous ne ferez que changer l'ancienne histoire : c'est Apollon qui fuit, et c'est Daphné qui poursuit Apollon ; c'est la colombe qui poursuit le milan ; la douce biche qui hâte sa course pour atteindre le tigre : vaine poursuite , quand c'est la timide faiblesse qui poursuit , et le courage qui fuit !

DÉMÉTRIL'S.

Je ne m'arrêterai plus à écouter tes inutiles discours. Laisse-moi m'en aller; ou, si tu me suis , crains de moi quelque outrage dans l'épaisseur du bois.

HÉLÈNE

Hélas ! dans le temple, dans la ville, dans les champs, partout vous m'outragez, partout vous me tourmentez : c'est une honte à vous , Démétrius. Vos affronts jettent un opprobre sur mon sexe : nous ne pouvons, comme les hommes, combattre pour venger l'amour. Nous devrions être courtisées, et nous n'avons pas été faites pour faire la cour. Je veux vous suivre et faire de mon enfer un ciel , en mourant sur la main que j'aime si tendrement.

llls wrleai.)

Si'»

LK SONGE D'ÉTÉ

OBERON

Nymphe, coosole-to». Avant que je quitte ces bosquets, ce sera toi qui le fuiras, et ce sera lui qui recherchera ton amour. (»«otre p«ck.) As-tu la fleur ? Sois le bien revenu , mon joli messager. PICK.

Oui, la voilà.

OBERON

Je te prie , donne-la-moi. Je connais un terrain où croît le thym sauvage , où la violette se balance auprès de la primevère , et qu'ombragent le suave chèvrefeuille, de douces roses parfumées et le bel églantier. Là dort Titania à certaines heures de la nuit ; là , lorsque les danses et le plaisir l'ont lassée, elle s'assoupit sur les fleurs ; là le serpent se dépouille de sa peau tigrée, ceinture assez vaste pour environner une fée. Je veux frotter légèrement de ce suc les yeux de Titania, et lut remplir le cerveau d'odieuses et bizarres fantaisies. Prends-en aussi un peu avec toi , et cherche dans ce bocage. Une jeune et belle Athénienne est éprise d'un jeune homme qui la dédaigne ; mets-en sur les yeux de cet amant superbe; mais aie soin de le faire au moment où tu pourras l'assurer que le premier objet qu'il verra pourra être une femme. Tu reconnaîtras l'homme aux habits athéniens dont il est revêtu. Exécute ton opération avec quelques précautions , afin qu'il puisse devenir plus idolâtre d'elle qu'elle ne l'est de lui ; et songe à venir me rejoindre avant le premier chaut du coq.

PDCK.

N'ayez aucune inquiétude, mon souverain ; votre humble serviteur exécutera vos ordres.

M ÈNE III.

rjum« o

Entre LA REINE DES FÉES avec m «alla.

TITANIA

Allons, un rondeau, et un air de fées ; et ensuite, avant la troisième partie d'une minute, chacune à vos fonctions : les unes à tuer le ver caché dans le sein odorant des boutons de rose; les autres à faire la guerre aux chauves-souris, pour avoir leurs ailes de peau , afin d'en habiller mes petits sylphes; d'autres, à écarter la chouette, qui, dans la nuit, nous insulte de son cri sinistre,

étonnée de voir nos légers esprits.— maintenant pour m'endormir ; et après, moi reposer, et allez à vos offices.

MtNlftRK

Votif , serpent tachetés au double dard Kpinrux porcs-épics, ne vous monirei pas. Lézards, aveagles reptiles, gardez-vous d'être i N'approchez pu de noire reine des fees.

cnoui.

PhilouxèJe , arec mélodie , Chante dans Ion doux lullaby i Lulla , lutta , lullaby, lulla , lulla , lullaby. Que nul IrouMc , nul charme . nul maléfice N'interrompe le repos de notre reine.

Ainsi, bonsoir avec lullaby.

seconne ni.

Araignées filandlères , n'approchez pas : Loto d'ici , insectes aux longues jambes , loin d'ici. Kloignei-vous, noirs i Ver, on limaçon, i

( Lr chaur répète ton < première rie.

Allons , partons : tout est bien.

Qu'une de nous veille , sentinelle suspendue dam l'air.

( Le» fée» aortent. Titania s'endort.)

Que l'objet que lu verras , en l'éveil tant,

( Il serre U fleur contre k» paapières de Titanic.)

Soll pour toi l'objet de ton amour :

Brûle et languis pour loi :

N'importe qu'il soil ours , ou tigre ,

Léopard , ou sanglier a la crinière hérissée.

Tes yeux , à ion réveil,

Le prendront pour Ion amant chéri.

Réveille-toi a rapproche du plus vil objet.

(Oberonsort.)

( Entrent Lyundreet Hcrmia.)

LYSANDRE

Ma belle amie, vous êtes fatiguée d'errer dans ce bois; et pour vous avouer la vérité , j'ai oublie le chemin : nous nous reposerons, IJermia. si vous le voulez, et nous attendrons ici la lumière consolante du jour.

IIERMIA.

Je le veux bien , Lysandre. Allez , cherchez on lit pour vous ; moi , je vais reposer ma tète sur ce gazon.

LYSANDRE

La même touffe de verdure nous servira d'oreiller à tous les deux : un seul cœur, un même Ut , deux ames et une seule foi.

HERMIA

Non , cher Lysandre : pour l'amour de moi ,

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