‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 575 sur 689 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

LA

DES FÉES , BOTTOM, LES FÉES, pi »el à m «te et LE ROI ferrfe.en.

TITANIA

Approche, Tiens t'asseoir sur ce Ht de fleurs ; viens, que je caresse les charmantes joues; je veux attacher des roses parfumées sur ta tête douce et lisse, et baiser tes belles et longues oreilles, mon beau bien-aimé.

BOTTOII.

Où est Fleur-de-Pois ?

FLETJR-DE-POIS*

Me voici à vos ordres.

BOTTOM

Grattez-moi la tête, Fleur-de-Pois, — Où est ToUe-d'Araignée?

Que désirez-vous?

BOTTOM

Rien, mon bon monsieur, rien de pins qued'ai* ; der au cavalier Fleur-de-Pois à me gratter. 11 faudra que j'aille trouver le barbier, monsieur, car il me semble que j'ai furieusement de poil à la figure; et je suis un âne si tendre, que, pour peu que mon poil me démange, il faut que je me gratte.

TITANIA

, veux-tu entendre de la mu-

Me voici.

BOTTOM

Monsieur Toile-d' Araignée, mon cher monsieur, prenez vos armes , et tuez-moi cette grosse abeille aux cuisses rouges , qui est sur la cime de ce chardon ; et, mon cher monsieur, apportezmoi sa bourse au miel. Ne vous échauffez pas trop dans l'opération , monsieur, et ayez soin , mon bon monsieur, de ne pas crever la bourse au miel ; je n'aimerais pas à vous voir tout inondé de miel, mon bon monsieur. — Où est monsieur Graine-de-Moutarde ?

GRAINE-DE-MOCTARDE.

Me %oid.

BOTTOM

Donnez-moi votre poing, monsieur Grainede-Moutarde. —Je vous prie , cessez vos complimens, monsieur Grainc-de-Moularde.

BOTTOM

| Oui ; j'ai une assez bonne oreille en Allons , faites venir le triangle et la clef.

TITANIA

Ou dis , cher amour, ce qui te ferait plaisir à

BOTTOM

A parler vrai, je mangerais bien une botte de fourrage ; je pourrais mâcher votre bonne avoine sèche. Il me semble que j'aurais grande envie d'une botte de foin; de bon foin, du foin bien suave, il n'y a rien d'égal à cela.

TITANIA

J'ai une fée déterminée qui ira fouiller dans le magasin de l'écureuil, et qui t'apportera nouvelles.

MO

LE SONGE D'ÉTÉ

ROTTOM.

Je proférerais une poignée ou deux de pois secs ; mais, je vous prie, que personne de vos gens ne me trouble ; je me sens une certaine exposition au sommeil qui me fient.

TITAN IA

Dors,mon enfant, et je vais t'enfermer dans mes bras. — Fées , partes , et dispersez-vous chacune à son poste. Ainsi le doux chèvrefeuille s'entrelace amoureusement ; ainsi le lierre femelle entoure de ses anneaux l'écorce de l'ormeau. Oh ! comme je t'aime ! oh ! comme je t'adore !

( Oberon t'avance. Kntre Pack.; OBF.RON.

Sois le bien-venu , cher Robin. Vois-tu ce charmant spectacle? Je commence à avoir pitié de son fol amour. Tout récemment, l'ayant rencontrée derrière le bois, cherchant de douces fleurs pour cet odieux imbécile, je lui en ai fait honte , et je l'ai guérie de sa folie par d'amers reproches. Klle avait ceint les tempes velues de cet animal d'une couronne de fleurs odorantes et toutes fraîches ; et cette rosée, qui s'enfle en gouttes sur les boulons, comme des perles d'orient rondes et brillantes, se voyait sur les yeux de ces jolies petites fleurs , comme autant de larmes qui semblaient pleurer leur disgrâce. Lorsque je l'eus grondée à mon gré, et qu'elle eut imploré mon pardon en termes doux et soumis, je lui demandai alors son petit nain; eUe me le donna aussitôt, et envoya ses fées le porter sous mon berceau dans mon royaume magique ; et maintenant que je suis en possession de l'enfant, je veux corriger l'odieuse erreur de ses yeux. Ainsi, aimable petit Puck , ôte ce crâne de métamorphose de la tôte de cet artisan athénien , afin qu'en se réveillant avec les autres, il puisse regagner Athènes, et ne plus songer aux accidens de cette nuit que comme aux tourmens chimériques d'un rêve affreux. Mais je veux commencer par rompre le charme de la reine

(Il toucha Ma jaux avec mm herbe.)

Vois Mmne lu as coutume de voir :

Ceal le boulon de Diane sur la fleur de Cupldon

Qui est doué de ccUe vertu céleste.

Allons, ma Titania, éveillez-vous, ma douce reine

TITANIA

Mon Oberon! quelles visions j'ai vues! U nVa semblé que j'étais amoureuse d'un âne.

OBERON

Voilà votre amant.

TITANIA

Comment ces choses ont-elles donc pu arriver? Oh ! comme son odieux visage déplaît maintenant à mes yeux !

OBERON

Silence , un instant. — Robin , détache cette téte. — Titania , appelez votre musique , et accablez les sens de ces cinq personnages d'un sommeil plus profond que le repos ordinaire des mortels.

TTTANIA.

La musique, holà! la musique! et donnez des sons qui charment et épaississent le sommeil.

PUCK

Quand tu te réveilleras , vois avec les yeux d'un

sot, avec tes propres yeux.

OBERON

Musique, commencez, (Manque monotone.) Tiens, ma reine; unis ta main à la mienne, et faisons trembler la terre où sont couchés ces donneurs. Maintenant, nous sommes amis, toi et moi; et demain, a minuit, nous danserons des danses solennelles et triomphantes dans le palais du duo Thésée , et son illustre maison , bénie de nous, se remplira d'une heureuse et belle postérité. La aussi seront unis, en même temps que Tbéséf, tous ces couples d'amans fidèles; et la fête sera, générale.

roc*.

Roi des fée» , prêle l'oreille en silence; J'entends l'alouette matinale.

OBiaon.

Alton» , ma reine, dus un grave silence. Soivous . en dansant , l'ombre de la nuit. Nous pouvons faire le tour du globe D'un pas plus rapide que h lune errante.

TITAKU.

Veoei , mon époux ; et, dan» noire fuite. Dites-moi comment il s'est tait cette nuit Que vous m'ayez trouvée dormant (ci.

Sur la terre nue avec ce» mortel».

fil. aoruuc.)

(On entead des cors derrière le théâtre. Sntreet Thétée, fi*M

Hippoljte.ei leur raite.)

THÉSÉE

Allez, quelqu'un : voyez à trouver le garde «le

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