‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 580 sur 689 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

K.»fr»i THÉSÉE , U1PP0LÏTË, ÉGÉE, PUILOSTRATE, SEIGNEURS,

HIPPOLYTE

Ola est étrange , mon Thésée , ce que racontent ces amans!

TJJÉSÉE.

Plus étrange que vrai. Jamais je ne pourrai ajouter foi à ces vieilles fables , ni à ces jeux de féerie. Les amans et les fous ont des cerveaux bouillans , une imagination féconde en fantômes, et qui conçoit au delà de ce que la raison peut jamais comprendre. Le fou, l'amoureux et le poêle sont tout imagination. L'un voit plus de démons que l'enfer n'en peut contenir , c'est le fou; l'amoureux, tout comme le frénétique, voit la beauté d'Hélène sur un front égyptien. L'œil du poète , roulant dans la sphère d'une conception brillante, lance son regard du ciel à la terre, et de la terre auxcieux; et comme l'imagination donne un corps et des formes aux objets inconnus, la plume du poète leur imprime de mime des formes nouvelles, et assigne à un fantôme aérien , à un néant une demeure propre et un nom particulier : tels sont les jeux d'une imagination vive et forte , que, si elle conçoit un sentiment de joie, elle crée aussitôt un être porteur de la nouvelle fortune ; ou si, dans la nuit, elle se forge quelque terreur, avec quelle facilité un buisson prend à ses yeux l'aspect menaçant d'un ours terrible!

H1PPOLYTE.

Mais toute l'histoire qu'ils ont racontée de ce qui s'est passé cette nuit, leurs facultés intellectuelles ainsi transformées, tout cela ao:.once plus que de vaines illusions de l'imagination , et

présente quelque chose de réel et de certain, tel admirable et bien étrange, de quelque bwnp cela soit arrivé.

( Entrent Ljuodre, Dtta&ria*, Hertaii et B*Jr»t THÉSÉE.

Voici nos amans qui viennent pleins dt j» et d'allégresse.— Que le bonheur, aimables»!*, accompagne vos cœurs, et que Totre imourn* une longue suite de beaux jours !

LTS ANDRE.

Que des jours plus beaux encore et ptefrtunés suivent les pas de votre altesse , et édaw* votre table et votre couche auguste !

THÉSÉE

Allons! quelles mascarades, quelles dan» * rons-nous pour consumer sans ennui ce sié* * trois heures, qui doit s'écouler entre le soupe et l'instant qui doit nous conduire au lit nop0* Où est l'intendant qui prend ortUoairenwtf * d'ordonner nos fêtes et nos plaisirs! Quels 4^' tissemens sont préparés? N'y a-t-il point de* médie pour soulager les longues angoisse» de ce» heure éternelle, qui retarde et toarmea» * désirs? Appelez Philostrate.

PUILOSTRATE.

Me voici , puissant Thésée.

THÉSÉE

Dites , quel drame avez-vous à rmi d*j pour cette longue soirée ? quelle mi*jn* quelle musique? Comment tromperotttrW®'* nui du temps qui traîne , si nous ■'•«•* I* quelque plaisir pour nous distraire!

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