VENTIDIUS
Les nobles sentimens !
(la «ont to«i de boa t, regardant Timon d'un tir aériaoatouO TIMON.
Messeigneurs , la cérémonie et les vains complimens n'ont été inveutés que pour suppléer à i'insufûsancc des actions, pour parer l'accueil faux d'un cœur qui dément sa bienfaisance, et s'en repent avant même de l'avoir exercée ; mais où se trouve la véritable amitié , la cérémonie est inutile. Je vous prie , prenex on siège. Vous êtes plus précieux à ma fortune qu'cUe ne l'est pour moi*
(Iltc'UMJML)
PREMIER SEIGNEUR
Monseigneur, nous en avons toujours été convaincus.
Oh ! oui ; convaincus? Que n'êles-vous peudus aussi!
TIMON
Ah ! Apcmantus , — tu es le bienvenu.
APEMANTUS.
Non, je ne veux pas, moi, être le bienvenu chez toi ; je viens pour que tu me chasses.
TIMON
Fi ! Tu es un rustre ; tu as pris là une humeur qui ne sied pas à l'homme : c'est un reproche à te faire. — On dit , mes amis , que la colère est une courte foreur (1) ; mais cet homme est toujours en colère. — Allons, qu'on lui dresse une table pour lui seul ; il n'aime point la compagnie, et il n'est vraiment pas fait pour elle.
APEMANTUS.
Je resterai donc à tes périls et risques, Timon ; car je viens épier tes actions, je t'en avertis.
TIMON
Je ne prends pas garde à toi. Il suffit que tu sois Athénien pour que tu sois bien reçu de moi. Je ne dois pas être aujourd'hui le maître dans ma maison. — Je t'en conjure , que mon dîner me vaille ton silence.
APEMANTUS.
Je méprise ton dîner ; il m'étouficra avant que le te flatte. — O dieux! quelle foule de parasites
(4) Le texte porte : Ira furur brei ii est
dévorent Timon , et il ne le voit pas! Je sotiîr: de voir tant de bouches affamées boire le aag d'un seul homme; et le comble de la folie, e'« qu'il ne les en caresse que davantage. Je m'ttoBK que les liommes osent se confier aux hommes. Je pense , moi , qu'ils devraient s'inviter, se fêta, sans couteaux. Leurs tables y gagneraient, etkv vie serait plus en sûreté. On en a vu ceat «tapies : l'homme qui en ce moment est assis pre de lui , qui rompt avec lui son pain et boit i a santé la coupe qu'ils ont partagée ensemble» m le premier à l'assassiner. On en a va l'apériena. Si j'étais un grand seigneur, je craindrais de bocre; je craindrais que tues hôtes n'épiassent alors l'endroit le plus mortel pour me couper la gorge, la grands seigneurs ne devraient jamais boire as avoir le gosier revêtu de fer.
TIMON
Monseigneur, de tout mon cœur, et qw te santés fassent la ronde.
DEUXIEME SEIGNEUR
Qu'elles circulent de mon coté, mon bon vigueur.
APEMANTUS.
Qu'elles circulent de son côté ! Fort bien : w& un brave convive. Il sait prendre à propos s» moment. — Toutes ces santés, Timon, le rendront malade , toi et ta fortune. Voici une Bqiw dont la faiblesse assure l'innocence. Eau port « amie de la vertu, tu n'as jamais renversé Tho» dans la fange. Cette boisson est simple own* mon aliment ; Us se marient bien ensemblf. Tw» d'orgueil préside aux
grands festins, pour qa'«
y remercie les dieux.
Action, de grâce* d'Apemaalw.
Dletn immortels! je ne vous demande point f*\
Je ne prie pour aucun homme que pour moi *«•
Accerdci- moi de ne jamais devenir tssci interne
Pour me fier à un nomme sur ton serment on wn
A une 011e de plaisir sur ses larmes,
A un chien qui paraît endormi',
A un geôlier pour ma liberté ,
NI à me» amis dans mon besoin, «
Amen ! Allons , courage , Apemantos.
Le crime est pour le riche , et Jn ris de radn«.
Que le contentement te paie toujours ta Apemantus!
TIMON
Capitaine Alcibiade , votre cœur en ce où01* est dans le champ de bataille.