ACTE IV, SCÈNE III
tête , et , en signal funèbre du bonheur trépassé de Timon , disons tous ensemble : Nous avons vu des jours plus heureux ! — Tenez, que chacun prenne sa part ; allons, tendez vos mains. (M to«r doooe d« rargtpi.) — Pas un mot de plus : c'est ainsi que nous nous séparons, pauvres de fortune, mais riches en douleur. çu$»tnn»mn»ontat.) Ohl dans quelle affreuse détresse la prospérité nous a précipités ! Qui ne désirera pas d'être préservé des richesses, puisque l'opulence aboutit à cet état de misère et de mépris? Quel homme voudrait se laisser tromper par l'éclat de la prospérité, pour ne jouir que d'un songe d'amitié? Qui voudrait de tous les biens que peut donner la fortune , et de la pompe qui l'environne, pour ne les posséder qu'en vaines peintures, telles que sont les faux amis de Timon? O mon bon maître, si honnête et si malheureux ! voilà où son bon c<rur l'a réduit; c'est sa bienfaisance qui l'a ruiné ! C'est un être bien étrange et bien nouveau que l'homme dont le plus grand crime est d'avoir fait trop de bien ! Qui osera désormais être la moitié aussi bon , puisque la bonté qui fait les dieux détruit l'homme? O mon cher maître! adoré autrefois pour être maudit aujourd'hui; riche seulement pour devenir misérable! Ta grande opulence est devenue ta grande calamité. Hélas t le bon seigneur! dans sa rage, il a fui cette ville odieuse, repaire de ses monstrueux amis. Il n'a rien avec lui pour sustenter sa vie et se procurer le nécessaire. Je veux le chercher et le suivre. Je servirai toujours sa belle ame avec le plus tendre dévouement; et tant qu'il me restera de l'or, je veux rester son intendant.