‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 655 sur 689 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

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iPORTIA, NER1SSA «m

LE PRINCE DE MAROC

Ne vous choquez point de la couleur de mon teint : c'est la livrée foncée du soleil basané dont je suis voisin, et près duquel la nature plaça mon berceau. Faites-moi venir du fond du nord le plus bel homme de ces climats, où Phébus dégèle h peine les glaçons suspendus aux toits , cl faisons sur uous une incision en votre honneur, pour savoir quel sang est le plus rouge (1) du sien ou du

(f ) Pour entendre la raison par laquelle le prince basané croît se rendre recommandablc par la rougeui do

mien. Je vous le dis, madame, cet aspect que vous me voyez a intimidé le brave. Je jure par mon amour que les vierges les plus considérées Ai' nos climats en ont été éprises. Je ne me résoudrais jamais à changer de couleur, à moins que

sun sang , il faut savoir que le sang rouge passait pour un signe décourage. Macbeth appelle un de ses soldai» qui avait peur, un manant au foi» blanc d» Ut. On du que les liebea ont U foi» blanc eomm» du la*, et les hommes efféminés et au lait.

LE MARCHAND DE YENISE

ce ne fût pour toucher votre ame , mon aimable

reine.

Dans mon choix, je ne me laisse pas conduire par la seule délicatesse des yeux d une fille. D'ailleurs la loterie de mon sort ôte à ma volonté le droit d'un libre choix. Je vous avoue, prince illustre , qu'iudépendaniment des entraves dont m'a chargée mon père , en me forçant par son testament d'être la femme de celui qui m'obtiendra par les moyens dont je vous ai parlé , vous me paraissez mériter mon affection , autant qu'aucun de ceux qui se sont jusqu'ici présentés pour briguer ma

LE PRINCE DE MAROC

O fortune! allons, tu vas me rendre le [ta heureux, ou le plus malheureux des mortels.

LE PRINCE DE MAROC

Je vous en rends grâces. Je vous prie , conduisez-moi à ces coffres , pour y essayer ma fortune. Par ce cimeterre qui a tué le sophi et un prince de Perse , et qui a gagné trois batailles sur le sultan Soliman , je voudrais foudroyer de mes regards l'œil le plus audacieux. Je vaincrais en bravoure le plus intrépide cœur de l'univers; j'arracherais les petits ours des mamelles de leur mère, pour vous obtenir, madame. Mais hélas! si Hercule et Lichas jouent aux dés pour décider quel est le plus grand homme des deux, le plus haut point peut sortir de la main la plus faible : et voilà Hercule vaincu par son page (1). Et moi , conduit de même par l'aveugle fortune , je puis manquer de choisir ce qu'un autre moins digne que moi prendra peut-être; et j'en mourrai de douleur.

Telle est la loi de votre destin. Il faut, ou ne point choisir du tout, ou , si vous choisissez , jurer auparavant que vous ne parlerez à l'avenir de mariage à aucune femme. Ainsi ne vous pressez pas, et faite» bien vos réflexions.

LE PRINCE DE MAROC

Et je le jure : allons; que je sache mon sort.

Il faut d'abord aller au temple. Après le dîner,

(Cor..)

(1) Licbas . pauvre et malheureux serviteur d'Hercule, loi apporta , tans le savoir, la robe empoisonnée, trempée dans le sang du centaure Nessus . et fut jeté dans la mer pour son crime involontaire. C'est ainsi qu'Hercule . par l'effet du hasard et de la destinée, fut vaincu

bCËXE II.

Eau* LANCELOT GOBBO.

LANCELOT

Sûrement, ma conscience me fera foirla disk de ce Juif, mon maître. Le diable est à nwsute, et me lente en me disant : Gobbo , LancelotGoccf, bon Lancelot , ou , bon Gobbo, ou , bon Lanoàoi Gobbo , sers-toi de tes jambes, lève le piedei*campe. Ma conscience médit : Non; prends^. hoonC'tc Lancelot. Prends bien garde, bwutà Gobbo ; ou bien : Honnête Lancelot Gobi», k t'enfuis pas, aie le courage de ne pas l'étaler. - Et là-dessus l'intrépide démon m'ordonne de ta mon paquet: Allons, dit le diable, an dam. Pour le ciel , arme-toi d'inuépidilé,ditledfl^. rt va-t'en. — Alors ma conscience, embnsi' mon Ctt-ur, me dit fort prudemment: Mon b» nôte ami Lancelot, tu es le Dis d'un boni* homme, ou plutôt d'une bonniHe femme.-»

effet, mon père eut certaine convoitise; il «F* d'un certain goût... Hé bien, ma consdean « dit: Lancelot, ne bouge pas.— Fuis, dit le iafc Ne bouge pas, dit ma conscience. — M» osscience, dis-je, moi , votre conseil est bon; et» aussi , démon , ton conseil est bon. Enmt l** gouverner par ma conscience, je restenu**)' Juif mon maître, qui, Dieu me pardonne, * une espèce de démon ; et en fuyant de ena le je me laisserai gouverner par le démon , qu*. 801 votre respect , est le diable en personne : sto""* le Juif est le diable môme incarné; et eue* scieuce , ma conscience n'est qu'une inaaien conscience dure et brutale , et venant m 1er de rester avec le Juif. Allons, c'est le fi* qui me donne un conseil d'ami :je ™ia<* der, démon : mes talons sont à tes ordres; y "* m'enfuir.

( Le Ticux Gobbo son père entre , «MU «* f GOBBO.

Maître, jeune homme, vous-même, f *

prie : quel est le chemin de la roaww

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