ACTE II
LANCELOT, à part.
O ciel ! c'est mon père légitime, qui ayant la ▼ne basse, très basse, ne me reconnaît pas. Je veux taire un essai avec lui.
GOBBO.
Maître, jeune homme, je vous prie : quel est le chemin de la maison du Juif?
LANCELOT
Tournez sur votre main droite, an premier détour ; mais au plus prochain détour, tournez sur votre gauche : ma foi , la première fois que vous détournerez, ne tournez ni à droite ni à gauche ; mais descendez obliquement jusqu'à la maison du Juif.
GOBBO.
Santé de Dieu ! ce sera bien difficile à trouver. Pourriez- vous me dire si un nommé Lancelot, qui demeure avec lui , y demeure , oui ou non?
LANCELOT
Parlez-voosdu jeune maître Lancelot! — (Apwt.) Remarquez-moi bien à présent : je vais élever les eaux. — Parlez-vous du jeune monsieur Lancelot?
GOBBO.
Il n'est pas monsieur, seigneur : c'est le fils d'un pauvre homme. Son père , quoique ce soit moi qui le dise, est un honnête et excessivement pauvre homme, et, Dieu soit loué , qui a encore envie de vivre.
LANCELOT
Allons , que son père soit ce qu'il voudra ; nous parlons du jeune monsieur Lancelot.
GOBBO.
De l'ami de votre seigneurie , et de Lancelot tout court, monsieur.
Mais, je vous prie, trgo, vieillard, ergo t je vous en conjure ; parlez-vous du jeune monsieur Lancelot?
GOBBO.
De Lancelot, sous \oirc bou plaisir, monsieur.
LANCELOT
Ergo , monsieur Lancelot. Ne parlez point de monsieur Lancelot , père ; car le jeuue homme ( en conséquence des destins et des destinées , et d'autres vieux dictons pareils, et des trois sœurs, et de ces branches de science occulte) est vraiment décédé ; ou , comme qui dirait tout simplement , il est parti pour le ciel.