‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 685 sur 689 · II · texte numérisé non relu

II

LORENZO

Entrons, ma chère, et attendons leur arrivée ; et cependant ce n'est pas la peine.... Pourquoi entrerions-nous? — Stéphano, mon ami, annoncez , je vous prie , dans la maison , que votre maîtresse est près d'arriver ; et ramenez ici les musiciens en plein air. (Si*Pb«»o»rt.) — Que la clarté de la lune est douce sur ce gazon) Asseyons-nous-y , et laissons les sons de la musique entrer doucement dans notre oreille. Le calme du silence et cette nuit si belle et si paisible s'accordent bien avec une douce harmonie. Assieds-toi , Jessica ; vois comme la voûte des cieux est inscrustée de lames d'or brillant. Parmi tous ces globes que tu vois, il n'y a pas jusqu'au plus petit dontles mouvemens harmonieux n'aient un charme céleste, et ne s'accordent avec les concerts du chœur des chérubins , à l'ceil plein de jeunesse et de feu. C'est l'image de l'harmonie qui anime les âmes immortelles; mats nous ne pouvons l'entendre , tant que notre ame est enclose dans cette grossière enveloppe d'une argile l>érissable. — (Rntmi i« ■wicins.) Allons, éveillez la chaste Diane par un hymne agréable; frappez

des plus mélodieux accens l'oreille de root nui. tresse, et i de la musique.

JESSICA

Jamais je ne suis gaie quand fe musique douce.

La raison en est que vos esprits not format attentifs; car voyez seulement uostnpide et folâtre troupeau , ou une famille de jeunes étions qui n'ont point encore senti la main de l'honnie, bondissant avec folie dans la prairie, pus* dans les airs leurs longs hennissemens , qui anooeent la chaleur de leur sang bouillant de jetnesse : si par hasard ils viennent à enteadrelt son d'une trompette, ou que leurs omîtes»* frappées de quelques accens de musique, me les verrez aussitôt s'arrêter tout court, et hn yeux farouches prendre un regard plus adouci, par la douce impression de la musique. Toi pourquoi les poètes ont feint qu'Orphée avec a lyre attirait les arbres, les rochers et les fleure; parce qu'il n'est pas dans la nature d'être à W. si stupide ou si sauvage , dont la musique t change avec le temps le caractère. L'homnie^ii n'a dans son ame aucune musique, et qui a es pas ému de l'harmonie de tendres accords.* capable de trahisons, de stratagèmes et fuj»tices; les mouvemens de son ame soutiens* mornes comme la nuit , et ses affections sont »• res comme le Tartare. Ne vous 6ez point an pareil homme. — Écoutez la i

•t Nérisu , à PORTU.

Cette lumière que nous voyons brûle dans » salle. Que ce petit flambeau jette loin ses nyms' C'est ainsi qu'une belle action brille daw ■

NÉRISSA

Quand la lune luisait, nous n'apercevions F ce flambeau.

Ainsi une petite gloire est obscurcie pari» plus grande. Un ministre brille autant qu'un narque, jusqu'à ce que le monarque par»* Alors son éclat subalterne se perd, com*E dans l'immensité des mers. —

NÊRI5SA.

Cette musique vient de chez vous, «wlJ*-

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