‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 74 sur 689 · FRANCISCO · texte numérisé non relu

FRANCISCO

Seigneur, il se peut que votre fils soit vivant. Je l'ai vu surmontant les vagues, et s Y-levant surleur dos. Il foulait l'onde ennemie, et la renvoyait brisée à ses côtés , opposant sa poitrine aux plus hautes lames qui venaient l'assaillir. Sa téte fière dominait les flots écumans autour d'elle; et de ses bras nerveux, comme de deux rames, frappant l'onde à coups redoublés, il se portait vers le rivage , dont la pente aplanie par les eaux semblait s'incliner pour le recevoir. Je n'en doute point, il aura gagné la terre : il viL

ALONZO

Non , non , il n'est plus.

SÉBASTIEN

Seigneur, c'est vous-même que vous devez remercier de cette grande perte. Vous n'avez pas voulu que notre Europe s'honorât de votre fille. Vous avez mieux aimé l'ensevelir dans les bras d'un Africain , où Je moindre de ses malheurs, peut-être, est d'être bannie loin de vos yeux. Vous avez bien sujet de baigner votre repentir de vos larmes.

ALONZO

De grâce , laissez-moi en paix.

SEBASTIEN

Vous vous êtes vu assez importuné par chacun de nous, conjuré à genoux de renoncer à cette idée; et cette ame douce et timide, votre fille elle-même, balança long-temps entre son aversion et l'obéissance, incertaine à quel parti se fixer. Je crains bien que nous n'ayons perdu votre

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