‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 88 sur 689 · A BLEU · texte numérisé non relu

A BLEU

Je fai dit que je les avais trouvés échauffés par l'ivresse, l'œil ardent et plein d'audace, an point de s'indigner contre le vent qui soufflait sur leurs visages; de frapper la terre, irrites de la sentir résister sous leurs pieds ; nais toujours suivant leur projet Alors j'ai fait résonner mon tambour: au bruit de ses roulemens, comme de jeunes coursiers dont la croupe n'a pas encore fléchi sous l'homme, ils ont dressé les oreilles, porté en avant leurs paupières et flairé l'air, comme s'ils eussent respiré les esprits du son. J'ai tellement charmé leur oreille que bientôt, comme la génisse appelée par sa mère , ils ont suivi mes sons au travers des ronces dentées, des bruyères, des buissons hé-

J'y vais, j'y vais.

(Pr

osppro

tte invitible

un lutin sans malice, ne nous a guère mieux traités

que le follet des champs.

tières dans leurs jambes. A la fin, je les ai laissés dans l'étang verdâtre qni est au-dela de ta grotte, les pieds engagés dans la fange fétide , s'agitant et luttant contre elle des jarrets et des genoux.

C'est à merveille, mon éclair. Garde encore ta forme invisible : va, rassemble ces vaines parures oubliées dans ma grotte , apporte-les ici : c'est l'appât où je prendrai ces voleurs (1).

(Il tort.)

Un démon , oui, nn démon né , une nature indomptable sur laquelle l'éducation n'a point de prise : tant de peines que je me suis données par bonté, toutes inutiles, toutes perdues! et comme son corps devient plus difforme avec les années , son ame se gangrène encore. Je veux les châtier tous, jusqu'à les faire rugir de douleur. Va, rangeles sur cette ligne.

(Entra Ariel, chargé d'Iubic* éclatée* ; Caliban, Siepbeno et Trincnlo «otrent tout nouille*.)

CALIBAN

Je te prie, va d'un pas si doux que la taupe sans yeux ne puisse ouïr où ton pied pose. Nous voilà tout près de sa caverne.

Monstre, le vent m'apporte tout à coup taines bouffées déplaisantes, dont mon nez s'indigne fort.

Le mien s'en monstre? Si j* allais prendre de Pi vousl voyez-vous ?

TRUSCULO.

M a foi , tu serais un monstre perdu.

CALIBAN

contre

bonnes grâces. Aie patience; car le trésor que je te mène saisir sera un baume qui te consolera de cette malencontre. Ainsi , parle tout bas. Tout est coi ici , comme s'il était encore minuit

TRJWCrjLO.

Oui, mais avoir perdu nos flacons dans la mare!

Il n'y a pas honte , du

mais c'est une perte

TMNCOLO.

Moi, elle me tient plus au cœur que ce bain qui me gèle. — C'est cependant votre lutin mabce , monstre !

STEPHANO

Je veux aller repêcher mon broc, dussé-je pour

le*

qo'en la

Eh bien , monstre, votre lutin, que vous disiez

(1) Il faut ae souvenir ici que . du temps de l'auteur. '' ""' - était que le* sorcier*.

pouvoir tur l'homme crime.

W*UÏ1T0JI.

Je t'en prie, mon roi, ne souffle pas... Voistu bien? Voici la bouche de la caverne : point de bruit, entre dedans. Fais ce bon meurtre, qui pour toujours te donnera cette lie; et moi, je serai ton Caliban tout prêt à lécher ton pied.

STEPHANO

Donne-moi ta main. Je commence à avoir des idées sanguinaires.

TRINCULO

O brave Stephano! ô roi Stephano, vois quelle garde-robe s'offre ici à toil

CALIBAN

Laisse ces guenilles, fou : ce n'est que du rebut

Oh, oh! monstre, nous nous friperie, — O roi Stephano!

STEPHAÎiO.

Lâche cette robe, Trinculo. Par ce bras ! je

TB1NCULO.

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