‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 9 sur 689 · C.OCTTBS · texte numérisé non relu

C.OCTTBS

V know , Htlen , 1 — axa a moUier to jou.

j'étais j.une.

notre lot; celle

Appartient de droit 4 la rose de notre jeunesse, îfoite Mag est oé pour cela , et cela pour notre sang ; C'est la preuve et le sceau de la vente de la nature, Lorsque la forte passion de l'amour est imprimée dans la jeunesse

Par nos souvenirs des jours passé».

Telle* étaient nos fautes. — Oh ! alors nous ne pensions pas que ce fût des fautes.

», je l'observe

Vous savex, Hélène,

Nous sommes si turcs envers le sexe qu'il faut rien moins que la toute-puissance

(i) AIT* H'tU tAat Etuli wU, acte I , «éne III.

test* de Roussillon est un portrait poétique que je désirerais voir représenté sur toile. Sûrement une pareille peinture montrerait seulement les restes des charmes de la figure ; mais on y verrait aussi la bienveillance et la tendresse constantes d'une femmè autrefois belle quant à la forme , et toujours aimable sous le rapport de l'esprit. La comtesse pouvait bien mourir après avoir donné sa bénédiction à l'union de Bertram et d'Hélène; et, à mon sens, elle est le personnage le plus respectable de la pièce Tout est ùien qui finit bien,

la pièce de Henhi V avait eu un devancier dans un drame plus ancien, qui portait le même titre et qui contenait plusieurs des incidens que Shakspearo a mis en scène. Le dramaturge anonyme remonte aux frasques de jeunesse de Henri ; et , après celles-ci et la mort de son père, il le transporte à Harfleur et à Azincourt, sans faire mention de sa gloire dans la guerre du nord qu'il soutint contre Percy. Au commencement de la pièce, la scène se passe à l'auberge d'Eastcheap ; nous voyons le prince en compagnie avec des libertins , et nous retrouvons d'autres circonstances qui sont semblables dans les deux pièces. On alléguera sans doute que Shakspeare peut les avoir prises dans les chroniqueurs ; mais il est clair qu'il a consulté l'ancienne pièce, car le tour auquel il fait recourir Falstaff pour se donner l'air d'avoir été blessé , est copié de l'autre drame , dans lequel Dericke dit :

Every day vrben I wenl into the field , 1 would laie a straw and thrust il into mj

And when llic captaio sav me be would say • Peace! a btoody aoUier ! - and bid me Wbereof 1 vu glad.

Chaque jour , lorsque je venait wt \c champ de halailU Je prenais um paille cl je renfonçais da<

REMARQUES

xwiv

El Je le faisais saigner ; alors J'allais sur le champ de bataille;

El lorsque le capitaine me voyait il disait :

« Paii .' voiri un soldat eotauglanie ! > cl m'invitait a torlir

des ringis :

Ce dont J'étais joyeux.

Mais dans l'ancienne pièce les compagnons du prince sont des êtres vulgaires et n'ont aucun Falstaff parmi eux.

Ni le mouvement ni les personnages qui appellent l'attention ne manquent dans le Henri V de Shakspcare ; mais je ne puis être d'accord avec Schlegcl relativement à la distinction délicate qu'il découvre dans le portrait des caractères irlandais, écossais et gallois parmi les braves capitaines du camp de Henri. Schlegel appelle le capitaine Jamy te lourd Écossais; mais pourquoi appellerait-il mon compatriote lourd? Fluellen dit: « Le capitaine Chamy est un capitaine merfcilleusement brafe et très expétitif , et fort fersé tans la connaissance tes anciennes guerres. 11 maintientra ses argumens aussi pien que tout militaire, quel qu'il soit , sur ce qui concerne la tiscipline des anciennes guerres tes Romains. » Cela prouve seulement que Jamy aimait à argumenter, comme la plupart des Écossais, et qu'il avait quelque instruction, mais non pas qu'il était lourd ; ce n'est pas un esprit embarrassé , mais ardent. « Par la messe, dil-il , avant que mes yeux se prennent à sommeiller, je ferai bien mon service , ou je resterai sur la place , ou j'irai à la mort et je vendrai ma vie aussi cher que possible. C'est ce que je ferai sans y manquer, et voilà tout. »

Cependant, les braves officiers de l'armée d'Henri forment un beau contraste avec l'écume de l'Angleterre, Nym , Bardolph et Pistols, autrefois serviteurs de Falstaff et maintenant mis à l'épreuve comme soldats. Quant au pauvre FalstaiT, la description de sa mort dans la pièce nous fait éprouver des émotions qui ne sont pas profondément sérieuses ; et cependant l'on ne peut s'empêcher de dire , comme le prince Henri, qui croit que sa mort feinte est véritable : a Je me serais passé plus

aisément d'un meilleur homme. » La multiplicité des batailles dans Henri V diminue la valeur de cette pièce à la représentation ; car le» batailles sont des choses qui ne font pas bien sur le théâtre. Une poignée de combattons désappointe l'imagination du spectateur ; et d'un autre côté , l'illusion produite par un grand nombre de cavaliers et de fantassins change le spectacle en une sorte de parade d'Astley (1). Cependant nous oublions cette objection en lisant la pièce. Elle contient de nobles passages, parmi lesquels la description de la nuit qui précéda la bataille d'Azincourt sera répétée par la jeunesse d'Angleterre lorsque les enfans de nos enfans seront blanchis par l'âge. L'on a dit d'Eschyle qu'il avait composé ses Sept Chefs devant Thèbes sous l'inspiration de Mars lui-même. Si le Henri V de Shakspeare avait été écrit pour les Grecs , on lui aurait adressé le même compliment.

Comme vous l'aimez (1599). Le plan de celle délicieuse comédie fut tiré par notre poète de l'ouvrage de Eodgc intitulé : Rosaiyvul, or Euphts' Golden Legacye ( Rosalinde, ou le legs d'or d'Euphuès). Quelques uns des incidens de Lodge sont judicieusement omis ; mais la plus grande partie en a été conservée. La scène de la lutte , la fuite des deux dames dans la forêt des Ardennes, la rencontre que Rosalitidc y fait de son père et de sa mère , et en totalité l'heureux dénoûment de la pièce, se trouvent dans le roman en prose : même les noms des personnages ne sont que très peu changés ; car la Rosalinde de Lodge, dans son costume masculin , s'appelle Ganymède, et sa cousine, déguisée en bergère, est nommée Alieua ; mais jamais la prolixité et la pédanterie ne furent changées

(1) Théâtre de Londres , situé dans le quartier de Lambclh , et dont les représentations sont semblables à celle* du Cirque-Olympique, à Paris. AsUey, son premier propriétaire qui lui a donné son nom , o pareillement fondé le théâtre équestre de notre métropole ; mais le public parisien , peu reconnaissant , s'est habitué à designer celte salle du nom de Franconi.

SIR LA VIE ET LES OUVRAGES DE SHAK.SPEARK

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par >e génie en une poésie aussi magique. Au temps de Jacques 1", George Heriot , le marchand cfEdinburgh , auquel on doit un hôpital qui porte encore son nom , fit sa fortune, dit-on , en achetant pour une bagatelle une certaine quantité de sable qui avait été apporté d'Afrique par un navire dont il formait le lest. Comme ce sable était sec , George Heriot soupçonna d'après son poids qu'il contenait de l'or, et il réussit à en extraire un trésor. Shakspeare, comme Heriot , prit le sable lec et pesant de Lodge et en fit de l'or.

Avant d'en dire davantage au sujet de ce trésor dramatique , je dois m'absoudre en confessant quelques unes de ses improbabilités. Rosalinde dit à sa cousine Célîe : « Où irons-nous? » et Célie répond : «Nous irons chercher mon oncle dans la forêt des Ardennes. » Mais une fois qu'elles y sont arrivées et qu'elles ont acheté une chaumière et une bergerie, ni la fille ni la nièce du duc exilé ne semblent se donner beaucoup de peine pour s'enquérir de leur père ou de leur oncle. I>a vive et sensible Rosalinde ne laisse percer aucune impatience d'embrasser son père , tant qu'elle n'a pas fini son intrigue masquée avec Orlando. Mais Rosalinde était amoureuse d Orlando, comme moi je le suis de la pièce vous l'aimez voici quarante ans ; et l'amour est aveugle : j'en suis une preuve ; car il y a bien peu de temps que mes yeux n'ont pu apercevoir cette objection. Cependant la vérité est que l'amour est volontairement aveugle , et , maintenant que mes yeux sont ouverts, je les ferme devant la faute. Foin de vos improbabilités les mieux prouvées lorsque le cœur a été touché et l'imagination fascinée ! Lorsque je pense à l'aimable mislress Jordan dans ce rôle, je ne désire pas plus de preuves de possibilité à ce sujet (bien que ce soient des preuves transparentes comme ia rosée du matin) , que je ne souhaite (a iogiqut puissante d'un exploit d'huissier.

Au fait, bien qu'il n'y ait pas de règle sans exceptions, ni de vérité générale sans limites ,

l'on peut prononcer que, si vous nous charmez par la fiction , vous pouvez tenir endormi autant qu'il vous plaira notre sens de la probabilité.

Mais on peut demander si la nature et la vérité doivent être sacrifiées sur l'autel de la fiction. Non , qnant à l'effet principal de la fiction sur l'imagination , elles ne sont jamais ni ne peuvent être sacrifiées. Les improbabilités de la fiction sont seulement ses exceptions, pendant que la nature est sa loi générale ; et, à moins que la vérité de la nature ne soit pour la plus grande partie observée, l'auteur de fictions ne pourrait endormir notre vigilance sur les improbabilités particulières.

Qu'on applique cette maxime au Comme vous l'aimez de Shakspeare, et l'on trouvera que notre poète nous fait oublier ce qui s'éloigne de la nature dans une vue limitée, en le montrant plus beau et plus probable dans un horizon plus étendu. Dans ce drame, il nous arrache à ce monde affairé pour nous transporter dans une solitude boisée ; il nous fait respirer son air frais , partager sa paix pastorale, nous régaler de sa venaison , admirer ses daims sauvages et sympathiser avec les exilés et les simples villageois qui l'habitent ; mais il essaie de rompre sa monotonie en y introduisant des manières et des personnages de cour. Il y a un fou et un philosophe qui pouvaient se haïr l'un l'autre à la cour, mais qui s'aiment mutuellement dans la forêt. II y a une bergère et son amant le berger qui sont aussi naturels que les Arcadiens ; cependant lorsque la cour bannie vient dans ce pays et le surpasse en esprit, les courtisans y semblent aussi bien naturalisés que ceux qui y sont nés, et la vérité générale de la nature est également observée.

Les événemens de la pièce ne sont pas nombreux , et l'intérêt qui y règne est soutenu par les personnages plutôt que par les incidens. Mais quelle série de personnages l La spirituelle et passionnée Rosalinde,. Orlando esclave de l'amour, Célie esclave de

vx?j MÎMA

l'amitié , le vieil Adam esclave du devoir, le niais original et le mélancolique Jacques: tous ces personnages , en y joignant le duc banni , qui est plein de dignité, font de la forêt de? Ardennes un Elysée pour notre imagination ; et nos cœurs sont si frappés par ces êtres bienveillans, que nous pardonnons aisément aux autres personnages , autrefois coupables, mais maintenant repenlans.

Beaucoup de- bbuit pour riicx (1600). Le principal incident de cette comédie (c'est-àdire l'accusation d'une femme innocente, par le fait d'un coquin qui s'arrange de manière à ce que la femme de chambre de la dame paraisse vêtue comme sa maltresse, et reçoive un amant à sa fenêtre) se trouve dans le Roland furieux de l'Ariosle, aussi bien que dans une des nouvelles de Bandello, qui l'emprunta du poète son compatriote. L'histoire est probablement plus ancienne qu'Arioste. 11 est vraisemblable qu'elle parvint à Shakspeare par les Cent Histoires tragiques de Belleforest, qui furent publiées en 1583 et traduites en anglais peu de temps après. 11 y a entre la nouvelle et le drame plusieurs coïncidences , et quelquefois celui-ci s'éloigne de celle-là : ce qui peut-être n'est rien moins qu'un perfectionnement.

Je me joins entièrement aux admirateurs de cette pièce pour partager leur opinion relativement à la plupart de ses beautés saillantes. La scène dans laquelle la jeune et innocente héroïne reste sans Yoix à l'accusation de son amant, et s'évanouit au pied de l'autel nuptial, est profondément touchante. Il y a de l'éloquence dans son impuissance de langage, et nous pouvons appliquer l'expression Ipsa si lent ia terrent au silence de ceux qui n'ont pas à l'instant même le courage de défendre la malheureuse Héro, pendant que la dureté et l'emportement du père convaincu de la culpabilité de sa fille couronnent le pathétique de sa désolation. Dans cette crise , l'exclamation de Béatrice, la seule qui croie à son innocence :

<* Oh ! .sur mon ame, ma cousine est calomniée ! » est une yoix secourable et joyeuse dans le désert ; elle me réconcilie presque avec le personnage de Béatrice, qui autrement est désagréable. Je reconnais aussi que Shakspeare nous a , pendant tout ce temps-là , donné les moyens de calmer la compassion mêlée d'épouvante que Héro nous inspire, en nous faisant connattre d'avance qu'elle est innocente; aussi sommes-nous sûrs qu'elle sera disculpée. Cependant qui eût pu , sinon Shakspeare , sécher les larmes que nous arrache notre intérêt pour Héro , par un agent aussi risiblc que l'est l'immortel Dogberry ? Je demande pardon d'avoir avancé que Falstaff nous Tait oublier toutes les autres créations comiques de notre poète. Comment puis-je t'avoir oublié, toi, mon cher Launce, toi et ton chien, et toi, mon cher Dogberry ? Dire que Falstaff nous fait oublier Dogberry, c'est, ainsi que s'exprimerait Dogberry lui-même, très tolèrabte, et ne peut se supporter. Cependant Shaskpeare, après s'être abattu sur cette proie ridicule, s'élève en avançant jusqu'à un effet hautement dramatique , en rendant Claudio , qui a accusé Héro par méprise, si repentant qu'il consent à épouser sous un voile une autre femme , la cousine supposée de la première ; et quand il est levé , apparaît sa propre fiancée , que l'on a supposée morte de chagrin , mais qui lui est rendue justifiée, et arrachée du tombeau comme Alceste.

En même temps si Shakspeare regardait par dessus mon épaule, je ne pourrais dissimuler quelques objections contre cette comédie, qui me frappent involontairement comme l'empêchant de prendre rang parmi les drames les plus enchanteurs de notre poète. Somme totale, je suis , on peut m'en croire, je suis libéra) sur le compte de la probabilité dramatique. Notre imagination et son aptitude à croire ne sont pas difficiles pour admettre tout ce qui peut leur causer du plaisir ; mais, s'il est permis d'employer une expression triviale , Un cheval de bonne vofonti

SLR LA VIE ET LES OUVRAGES DE SUAKSi'EAiŒ.

ne doit pas être mené trop durement. Notre imagination est froissée dans sa disposition à la Toi quand noas l'excitons de l'éperon et que nous la forçons à croire que don Juan, sans être le moins du monde amoureux de Héro, mais par suite d'un dépit personnel contre Claudio, puisse inventer l'infernale trahison qui rend ce dernier jaloux à jutte titre. En outre, pendant la moitié de la pièce nous avons dans Béatrice un personnage de femme désagréable. Son portrait , on peut le dire , est profondément tracé et minutieusement fini. Cela est vrai ; et il en est de même de celui de Bénédicte , qui est entièrement la contre-partie de Béatrice, excepté qu'il est moins désagréable. Mais les portraits les mieux dessinés des meilleurs maîtres peuvent être admirables d'exécution , bien que désagréables à contempler, et celui de Béatrice appartient à cette catégorie. Telle que Shakspearc nous la montre , c'est une Tartare ; ou si c'est une femme naturelle, elle ne représente pas son sexe sous un aspect agréable. Par son amitié pour Héro, elle nous réconcilie presque avec elle, mais non pas complètement ; car un bon cœur, qui se montre seulement dans les occasions extraordinaires , n'est pas une expiation suffisante pour un mauvais caractère, comme Béatrice en possède évidemment un. Le mariage de Bénédicte qui hait le mariage, et de Béatrice qui est si anti-nupiiaU , est amené par un tour que leur jouent leurs amis. Ils imaginent de leur mettre en tête qu'ils s'aiment mutuellement, et , en partie par vanité , en partie par une afTection réciproque qui se dissimulait sous les querelles de leur esprit, ils joignent leurs mains , et tes consolations de la religion sont administrées , par le prêtre qui les marie, aux malheureux patiens.

Mistress Jameson , dans son livre sur les femmes de Shakspeare, termine en espérant que Béatrice vivra heureuse avec Benedick ; mais je n'ai pas un tel espoir, et je termine la lecture de cette pièce avec la certitude anticipée que Béatrice provoquera son Benedick à

lui donner un grand et juste châtiment conjugal. C'est une odieuse femme. Sa propre cousine dit d'elle :

Disdain and acorn ride tpirkling in her eyes, Mijprizing what ibey look on —and her «il Values iUrlf so highlr, tbal to her AH ma lier else aeenu weik. Sbe cannot lote , Jlor lake no shape dot projeci of affection , She ia ao selt-endeared,

Le dédain el le mépris élincellent dana ses yeux , Mfpnsanl ce qu'ils regardent : cl son esprit S'estime lui-même si haut que pour elle Toute autre chose semble de peu de valeur. Elle ne peut aimer

Ni prendre aucun Mmtimcnt , aucune idée d'aflecuon : Tant elle s'aime elle-même (l) !

J'ai connu, autrefois, un couple semblable : la dame était une Béatrice accomplie ; elle raillait hypocritement le nœud conjugal avant le mariage , et avee une amère sincérité après l'avoir contracté. Elle et son Benedick vivent maintenant séparés, mais réciproquement animés des mêmes senti mens , chacun désirant dévotement que l'autre puisse aller bientôt dans un monde meilleur. 11 ne faut pas prendre Béatrice comme un objet de comparaison , mais bien comme un contraste avec Bosalinde , qui est également spirituelle ; avec cette différence que les paroles pétillantes de Bosalinde sont comme des pierres précieuses sur sa tête lorsqu'elle est à la cour , et comme des gouttes de rosée sur ses cheveux brillans lorsqu'elle se trouve dans la forêt.

Hamlbt (1600). L'histoire qui forme le fond principal de cette tragédie se retrouve jusque dans la chronique de Danemark de Saxon le Grammairien. De cet ouvrage elle passa dans celui de Belleforest , dans la seconde moitié du seizième siècle, et de là en anglais sous le titre de the Hystorie of Bamhiett (Histoire d'Uambiett), un petit volume in-4% imprimé en lettres gothiques.

M. lialone a déjà montré (2) qu'une pièce ,

(1) Mueh Ado about JVoiAtfia , «et. III , scène I.

(S) Shakspeare de Malone , édition de Boswell , vol. il, 1». 371

xixviij

REMAKgUKS

fondée sur l'histoire d'Hamlet , avait été représentée sur le théâtre anglais, avant 1580, époque à laquelle on ne peut concevoir que Shakspeare ait écrit son immortel draine. M. Malone suppose que l'auteur de ce premier Hamlet est Thomas Kyd; mais cette supposition repose sur une conjecture, et l'on n'a encore découvert aucun exemplaire de cette pièce. Notre poète peut avoir tiré de cette tragédie , maintenant perdue , et de VHystarie of Hambltll gothique, les principaux incidens de sa pièce (1).

Au milieu de l'admiration universelle que nous inspire cette tragédie, le caractère précis de son héros est néanmoins resté un pro-

(1) En 1825,Paynect Foss, de Pall Mail, publièrent la première édition d'Hamlet d'après un ancien exemplaire, que n'avaient vu ni Malone ni Boswell. Le titre de cet ancien exemplaire est : The Tragical Historié of llatnlet, prince of Detmarke ; bu William Shakespeare. As il haih been diverse lymts aclcd by his Highnesse Servants in the Cuir, of tendon -, as olso in ihe iwo Univtrsitics of Cambridge and Oxford and elsewherc. f.ondon •■ Prin~ ted for TV. and John Truudell . 1(103 (L'Histoire tragique d'Hamlet, prince de «anemark, par William Shakspeare, ainsi qu'elle a été plusieurs fois jouée par les serviteurs de son Altesse dans la cité de Londres , et pareillement dans les deui universités de Cambridge et d'Oxford et ailleurs. Londres , imprimé pour N. L. et John Trundell , 1003). A propos de la réimpression de cet ancien exemplaire par Paync cl Foss , les remarques suivantes parurent dans le Moming Chronicle :

« Hamlet parut pour la première fols , suivant le calcul de Malone , en 1600 : en conséquence cette édiUon fut publiée trois ans seulement après la composition de la tragédie. Par là nous sommes amenés à supposer que . sous quelques rapports , c'est une copie de l'original plus exacte qu'aucune de celles qui furent imprimées plus tard, et qu'en conséquence elle peut élrc considérée comme une meilleure autorité pour les points en litige , lorsque le sens commun est de son côté , que les éditions pins récentes , qui plus vraisemblablement contenaient les interpolations desacteurs. Il est certain qu'elle renferme des fautes typographiques en abondance , et qu'un grand défaut d'habilelé dans le copiste apparaît en plusieurs endroits; mais lorsque dau* celle édition il manque des passages qui ne font aucun honneur à rintelligeucc de leur auteur, nous aimons à croire qu'elle est plus fldéle au texte d'un homme tel que Shakspeare , que ne le sont les exemplaires qui lui imputent de l'obscénité, sans avoir même l'esprit pour excuse.

» Plusieurs particularités frappâmes de celte édition d'Hamlet tendent fortement à continuer notre opinion , qu'une portion assez considérable des expressions qui se trouvent dans les pièces de noire grand poète doit cire attribuée aux acteurs de son temps , qui flattaient le

blême entre les mains de m* admirateurs Hamlet est fort quant à l'imagination , beau dans les pensées abstraites , et grand et bon dans ses intentions générales; cependant il est faible, fantasque et inconséquent; passionné, mais barbare envers Ophélia ; orgueilleusement et justement pénétré de l'idée de sa propre supériorité sur les hommes ordinaires, et cependant, quelquefois avec justice, plein de mépris pour lui-même. Ceux qui font des théories sur son caractère en concilient les contradictions à leur manière ; mais de ceux-là il n'y en a pas deux qui procèdent de la même façon.

Skottowe nous recommande de lire YHy*-

goôt du vulgaire par la constante répétition de plusieurs plaisanteries indécentes , dont certaines étaient stupides, jusqu'à ce qu'elles vinrent à être remarquées , et alors imprimées, comme faisant partie du lexlc original. Parmi celles-ci , les deux ou trois discours de peu d'étendue , mais offeusans, que tient Hamlet à Ophélia , dans la scène de la comédie , acte III, ne se trouvent pas dans l'exemplaire de 1003; et ainsi nous sommes confirmés dans notre opinion ; car il n'est pas à supposer que Shakspeare les aurait insérés à tétc reposée alors que le succès de sa pièce était assuré depuis trois ans. Il est encore moins probable qu'un contrefacteur aurait rejeté quoi que ce soit appartenant actuellement à la pièce, qui aurait plu à la foule vulgaire de ceux qui devaient acheter son édition. »

En somme, je suis porté à me ranger de l'opinion de l'ouleur de ces remarques, bien que le sujet me laisse en proie à des incertitudes. Cet exemplaire de la pièce est apparemment une contrefaçon; mais l'omission des passages indéccns.dontil est question, par le contrefacteur, ne prouve pas complètement qu'ils ne se trouvaient pas dans la pièce a la première représentation. Cependant elle le fait présumer; car, si l'on cousidére la moralité générale du théâtre de Shakspeare, il ne compte point parmi ces poêles qui recourent à une influence impure sur l'imagination. 11 peut avoir commis ça cl là quelques saillies indécentes; mais elles soul en petit nombre, s'éloignent de son caractère général, et sont en partie pardonnables eu égard au mauvais goût rie son temps. Quel effroyable contraste forment avec sa pureté ses successeurs dramatiques les plus rapprochés? Ils mettent sur la scène des amours entre des narens auxquels la nature interdit une passion mutuelle. Shakspeare se refuse à nous intéresser à tout amour qui n'est pas naturel.

J'ai comparé cette réimpression de l'ancienne édiUon avec celle de Stockdale, 1807 ; et je ne puis douter davantage que ce ne soit une contrefaçon (peut-être prise au théâtre par un sténographe) du véritable Hamlet de Shakspeare. Il est singulier que dans ceUc pièce le personnage appelé Polonius dans toutes les éditions suivantes , se trouve ici nommé Cboranibi*

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