CAL1DAN
Oui , je veux obéir ; et je deviendrai sage , et je demanderai grâce. Quelle arebi-brute j'étais, de prendre cet ivrogne pour un dieu, et d'adorer un pareil fou!
PROSPEBO.
Allons, loin d'ici.
ALONZO
Disparaissez, allez remettre ces dépouilles où vous les avez trouvées.
SÉBASTIEN
Où ils les ont volées plutôt.
PROSPEBO.
Seigneur , j'inTite votre altesse et sa suite à venir se reposer dans ma chétive grotte. Vous n'y resterez que cette nuit. J'en emploierai une partie à vous faire un récit qui , je n'en doute point , en précipitera les heures. Je vous raconterai l'histoire de ma vie , et des hasards divers qui se sont succédé depuis mon arrivée dans cette île ; et dès l'aurore je veux vous accompagner à votre vaisseau, et puis à Naples, où j'espère voir célébrer les noces de nos deux chers enfans. Après, je me retire dans ma bonne Tille de Milan , et là , la troisième de mes pensées sera le tombeau.
ALONZO
Je languis d'entendre le récit de tos aventures. L'oreille doit le dévorer bien avidement.
PROSPEBO.
Je n'omettrai rien ; et demain , je vous promets des mers calmes et des vents propices qui enfleront si constamment vos Toiles , que Totre royal vaisseau devancera de bien loin votre flotte. (A part) Gouverne les brises, mon Ariel : c'est ta tâche. Ensuite rends-toi aux élémens ; sois libre et vis joyeux. Approchez, de grâce, entrons.
(TomtortMl.)