ACTE III, SCÈNE V
raines défaites : satisfais-moi sans de'toui'; qu'estelle devenue?
PISANIO.
0 mon noble prince !
CLOTEN.
0 mon noble scélérat! découvre-moi où est ta maîtresse. Au fait, en un seul mot. — Plus de noble prince! — Parle, ou ton silence devient dans l'instant ton arrêt de mort.
PISANIO lui présente un écril.
Eh bien , seigneur , cet écrit renferme l'histoire de tout que je sais sur son évasion.
Voyons-le ; je la poursuivrai jusqu'au trône d'Auguste. Donne, ou tu meurs.
PISANIO, à part.
Elle est assez loin : tout ce qu'il apprend par cet écrit peut l'engager à courir sur ses traces ; mais sans danger pour elle.
CLOTEN, lisant,
Hom!
PISANIO, à part.
Je manderai à mon maître qu'elle est morte. 0 Imogène! puisses-tu errer sans accident, et revenir un jour heureuse !
CLOTEN.
Coquin : cet écrit est-il la vérité ?
PISANIO.
Oui , prince , à ce que je crois.
266 CYMBELINE
CLOTEN.
Oui, c'est la main de Posthumus; je la connais. — Malheureux! si tu voulais ne pas être un vaurien, mais me servir fidèlement, employer sérieusement ton industrie dans tous les offices dont j'aurais occasion de te charger ; j'entends que quelque fourberie que je te commande, tu voulusses l'exécuter à la lettre et loyalement, alors je te croirais un honnête homme, et tu ne manquerais ni d'or pour subsister, ni de ma protection pour avancer ta fortune.
PISAKIO.
Eh bien , mon digne prince?
CLOTEN.
Veux-tu me servir? Puisque tu es capable de reconnaissance, et qu'avec tant de constance, tant de patience, tu restes attaché à la stérile fortune de ce misérable Posthumus , tu dois , à plus forte raison, t'attacher à la mienne en zélé serviteur. Veuxtu me servir ?
PISANIO.
Seigneur, je le veux bien.
CLOTEN.
Donne-moi ta main : voici ma bourse. N'as-tu pas en ta possession quelque habit de ton ancien maître ?
PISANIO.
Oui, prince, à mon logement j'ai l'habit même qu'il portait lorsqu'il a pris congé de la princesse.