‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 170 sur 294 · TOUS LES DEUX · texte numérisé non relu

TOUS LES DEUX

Goûte la paix d'un repos profond , Et que ta tombe soit renommée-.

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( Bélarius revient chargé du corps de Cloten. ) GUIDÉRIUS.

Nous avons fini les obsèques de Fidèle : approchez, et déposez ce corps.

BÉLARIUS.

Voici quelques fleurs : vers minuit nous en apporterons davantage; les herbes que baigne la froide rosée de la nuit conviennent mieux pour les tombeaux. — Jetez ces fleurs sur leurs visages. — Vous fûtes comme ces fleurs , vous qui êtes maintenant flétries : elles vont se faner comme vous , ces fleurs que nous jetons sur vous. Venez , retirons-nous à l'écart ; allons nous prosterner à genoux, et prier le ciel. — La terre qui les donna les a repris. Leurs plaisirs sont passés , et aussi leurs peines.

(Be'larius, Guidérius et Arviragus sortent.) IMOGÈNE, se réveillant comme d'mi songe.

Oui, mon ami, je vais au havre de Milford ; quel est le chemin ? — Je vous remercie. — Là-bas, ditesvous, à côté de ce buisson ; — je vous prie, y a-t-il loin encore? — Quoi ! encore six milles ! Que Dieu ait pitié de moi! — J'ai marché toute la nuit. — Allons, je vais me reposer ici et dormir. Mais personne ici à mes côtés (^Elle voit le corps de Clo-

^e?i.) Dieux et déesses! ces fleurs sont comme les plaisirs du monde ; ce cadavre sanglant est comme le souci qu'ils cachent. J'espère que je rêve encore. Oui, dans mon sommeil, je m'imaginais être la gardienne d'une caverne , et chargée des repas de trois honnêtes humains. Mais il n'en est rien ; ce

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