ACTE II, SCÈNE I. Sg
HÉRO
Lorsque vos traits me plairont. Mais Dieu nous préserve que le luth ressemble à 1 ëtui.
DON PÈDEE.
Mon masque est au toit de Philémon ; Jupiter est dans la maison .
HÉRO
En ce cas , pourquoi votre masque n'est-il pas en chaume ?
( Héro et don Pèdre s'éloignent. ) DON PÈDRE.
Parlez bas , si vous parlez d'amour.
BÉNÉDICK (").
Ah ! que ne suis-je aimé de vous !
MARGUERITE
Je ne vous le souhaite pas pour l'amour de vous^ même. J'ai mille défauts.
BÉNÉDICK.
Nommez-en un.
MARGUERITE
Je récite tout haut mes prières.
BÉNÉDICK.
Vous m'en plaisez davantage. L'auditoire peut répondre ainsi soit-il.
MARGUERITE
Veuille le ciel me joindre à un bon danseur !
BÉNÉDICK.
Ainsi soit-il ! s •
4ô BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN,
MARGUERITE
Et l'ôter de ma vue quand la danse sera finie. Répondez, sacristain.
BÉWÉDICK.
Tout est dit ; le sacristain a sa re'ponse,
URSULE
Je vous connais de reste ; vous êtes le seigneur Antonio.
ANTONIO
En un mot , non.
URSULE
Ne vous connais-je pas au balancement de votre tête?
ANTONIO
A dire la vérité , je le contrefais un peu.
URSULE
Il n'est pas possible de le contrefaire si bien , à moins d'être lui ; et voilà sa main sèche ^'"^ d'un bout à l'autre. Allez, c'est Antonio , c'est lui.
ANTONIO
En un mot, non.
URSULE
Bon , bon ; croyez-vous que je ne vous reconnaisse pas à votre esprit ? Le me'rite se peut-il cacher ? Allons , chut , vous êtes Antonio j les grâces se trahissent toujours ; et voilà tout.
BÉATRICE
Vous ne voulez donc pas m'apprendre qui vous a dit cela ?