‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 205 sur 294 · ACTE V, SCENE V. 3^j · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. 3^j

perdre les deux plus tendres amis que j'eusse au monde j que les bénédictions de ce ciel qui nous couvre pleuvent comme la rosée sur leurs têtes , car ils sont dignes de parer le ciel d'étoiles.

CYMBELINE

Tes larmes confirment tes paroles. Le service que vous m'avez rendu tous trois est plus incroyable

que ce récit. J'ai perdu mes enfans — S'ils sont

là, sous mes yeux, il m'est impossible de désirer deux enfans plus accomplis.

BÉLARIUS.

Daigne m'écouter encore : celui que je nommais Polydore est, seigneur, ton véritable Guidérius ; l'autre , mon cher Cadwal , c'est Arviragus , ton plus jeune fils ; je le reçus dans un riche manteau tissu des mains de la reine sa mère , et que je puis , pour t'en convaincre, te représenter au besoin.

CYMBELINE

Guidérius avait sur le cou une étoile de couleur de sang ; c'était un signe remarquable.

BÉLARIUS.

C'est celui-ci : il porte toujours cette empreinte de naissance ; la prévoyante nature , en lui faisant ce don , voulut sans doute qu'il servît aujourd'hui à le faire reconnaître.

CYMBELINE. '' ' '

Oh ! j'éprouve tous les sentiraens d'une mère à qui il est né trois enfans. Non , jamais mère n'eut plus de joie après les douleurs de l'enfantement. Soyez heureux, mes enfans; après avoir été si étrange-

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ment déplacés de votre sphère, venez y rentrer pour

régner. — 0 Imogène ! tu viens de peindre un

royaume.

IMOGÈNE

Seigneur, j'y gagne deux mondes. — Ornes tendres frères ! nous nous étions donc rencontrés ! — Oh ! convenez que c'est moi qui ai parlé avec le plus de vérité. Vous m'appeliez votre frère, lorsque je n'étais que votre sœur; moi, je vous nommai mes frèi'es , et vous l'êtes en effet.

Est-ce que vous vous êtes rencontrés?

ARVIRiGUS.

Oui , seigneur.

GUIDÉRIUS.

Et à notre première entrevue nous nous sommes aimés , et toujours , jusqu'au moment que nous crûmes qu'elle était morte.

CORNÉLIUS

Ce fut l'effet du breuvage de la reine.

CYMBELINE

0 merveilleux instinct ! Quand entendra i-je tous ces détails? Ce récit trop rapide a tronqué mille circonstances qui, l'acontées par ordre et sans confusion, doivent être bien précieuses. — Où étiezvous ? Comment viviez-vous , ma fille? Par quel hasard vous êtes-vous attachée au service de ce prisonnier romain ? Comment vous êtes-vous séparée de vos frères? Comment les avez-vous retrouvés d'abord i Pourquoi avez-vous fui de ma cour , et en

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