ACTE I, SCÈNE III
MARIE
Ce sont des gens qui ajoutent encore qu'il est ivre toutes les nuits en votre compagnie.
Oui , à foi'ce de porter des santés à ma nièce : je boirai à sa santé aussi long-temps qu'il y aura un passage dans mon gosier, et du vin en Illyine. C'est un lâche et un poltron ^^^ que celui qui ne veut pas boire à ma nièce, jusqu'à ce que la cervelle lui tourne comme un sabot de village '•^^ ; castiliano l'ulgo' ^'°\ — Allons, fille, un maintien gracieux et civil : voici sir André Ague-Face.
(Entre sir André Ague-Clieek. )
SIR ANDRÉ
Ah ! sir Tobie Belch ! Comment vous en va , sir Tobie Belch ?
SIR TOBIE
Ah ! mon cher sir André !
SIR ANDRÉ, à Marie.
Salut , jolie grondeuse.
MARIE
Salut, monsieur.
SIR TOBIE
Accoste, sir André, accoste.
SIR ANDRÉ
Qu'est-ce que c'est ?
SIR TOBIE
La femme de chambre de ma nièce.
Belle madame Accoste, je désire faire connaissance avec vous.
MARIE
Mon nom est Marie , monsieur.
SIR ANDRÉ
Belle madame Marie Accoste —
SIR TOBIE
Vous vous méprenez, chevalier. Quand je dis accoste, je veux dire envisagez-la, abordez-la, faites-lui votre cour , attaquez-la.
SIR ANDRÉ
Sur ma foi, je ne voudrais pas l'attaquer ainsi en compagnie. Est-ce là le sens du mot accoste?
MARIE
Adieu , mes gentilshommes.
SIR TOBIE
Si tu la laisses partir ainsi, sir André, puisses-tu iie jamais tirer Tépée !
SIR ANDRÉ
Si vous nous quittez ainsi, maîti'esse, je ne veux jamais tirer Fépée. Belle dame, croyez-vous avoir des sots sous la main ?
MARIE
Non , car je ne vous ai pas sous la main.
Par ma foi , tu vas l'avoir tout à l'heure, car voici ma main.