‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 216 sur 294 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

MARIE

Ce sont des gens qui ajoutent encore qu'il est ivre toutes les nuits en votre compagnie.

Oui , à foi'ce de porter des santés à ma nièce : je boirai à sa santé aussi long-temps qu'il y aura un passage dans mon gosier, et du vin en Illyine. C'est un lâche et un poltron ^^^ que celui qui ne veut pas boire à ma nièce, jusqu'à ce que la cervelle lui tourne comme un sabot de village '•^^ ; castiliano l'ulgo' ^'°\ — Allons, fille, un maintien gracieux et civil : voici sir André Ague-Face.

(Entre sir André Ague-Clieek. )

SIR ANDRÉ

Ah ! sir Tobie Belch ! Comment vous en va , sir Tobie Belch ?

SIR TOBIE

Ah ! mon cher sir André !

SIR ANDRÉ, à Marie.

Salut , jolie grondeuse.

MARIE

Salut, monsieur.

SIR TOBIE

Accoste, sir André, accoste.

SIR ANDRÉ

Qu'est-ce que c'est ?

SIR TOBIE

La femme de chambre de ma nièce.

Belle madame Accoste, je désire faire connaissance avec vous.

MARIE

Mon nom est Marie , monsieur.

SIR ANDRÉ

Belle madame Marie Accoste —

SIR TOBIE

Vous vous méprenez, chevalier. Quand je dis accoste, je veux dire envisagez-la, abordez-la, faites-lui votre cour , attaquez-la.

SIR ANDRÉ

Sur ma foi, je ne voudrais pas l'attaquer ainsi en compagnie. Est-ce là le sens du mot accoste?

MARIE

Adieu , mes gentilshommes.

SIR TOBIE

Si tu la laisses partir ainsi, sir André, puisses-tu iie jamais tirer Tépée !

SIR ANDRÉ

Si vous nous quittez ainsi, maîti'esse, je ne veux jamais tirer Fépée. Belle dame, croyez-vous avoir des sots sous la main ?

MARIE

Non , car je ne vous ai pas sous la main.

Par ma foi , tu vas l'avoir tout à l'heure, car voici ma main.

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