ACTE II, SCÈNE I
SÉBASTIEN
Cher Antonio, c'est moi qui vous prie de me pardonner l'embarras que je vous ai cause'.
ANTONIO
Si pour prix de mon amitié , vous ne voulez pas blesser mon cœur , laissez-moi vous suivre et vous servir.
SÉBASTIEN
Si vous ne voulez pas de'truire votre ouvrage, je veux dire, donner la mort à celui que vous avez arrache' de ses bras, n'exigez pas cela de moi. Adieu, en un mot : mon cœur est plein de reconnaissance ; et je ressemble si fort à ma mère , par ma faiblesse , qu'à la moindre occasion mes yeux vont encore me trahir. Je vais à la cour du comte Orsino : adieu.
(Il sort.) ANTONIO.
Que la faveur et la bonté de tous les dieux ensemble accompagnent tes pas ! J'ai plusieurs ennemis à la cour d'Orsino ; sans cela , je ne tarderais pas à t'y revoir. — Mais , arrive ce qui voudra, je te suis si dévoué , que pour toi tous les dangers me sembleront un jeu , et je veux y aller.
( Il sort. )