ACTE II, SCÈNE III. 4ii
SIR ANDRÉ
Je le flaire aussi déjà.
SIR TOBIE
Il croira , par des lettres que vous laisserez adroitement tomber sur son passage, qu'elles viennent de ma nièce, et qu'elle est amoureuse de lui.
MARIE
Oui , mon projet est un cheval de cette couleur-là.
SIR ANDRÉ 1-41)
Et votre cheval fera de lui un âne.
MARIE
Oui , un âne , je n'en doute pas.
SIR ANDRÉ
Oh! cela sera admirable.
MARIE
Un plaisir de roi, je vous en assure. Je sais que mon remède opérera sur lui. Je vous posterai tous deux en embuscade , et le fou fera le troisième dans un lieu oii il trouvera la lettre : observez bien comme il l'interprétera. Pour ce soir, au lit; je vais y rêvera mon projet. Adieu.
(EUcsort.) SIR TOBIE.
Bonne nuit, Penthésilée ('^'^.
Par ma foi, c'est une brave fille.
SIR TOBIE
C'est une excellente levrette, et de bonne race, et une fille qui m'adore. Qu'en dites-vous?
4i2 LA. DOUZIÈME NUIT,
SIR ANDRE
J'ai été adoré aussi jadis, moi.
SIR TOBIE
Allons nous mettre au lit , chevalier. — Tu aurais besoin d'envoyer demander plus d'argent.
SIR ANDRÉ
Si je ne peux regagner votre nièce, je suis dans un mauvais pas.
SIR TOBIE
Envoie demander de l'argent, chevalier : si tu ne parviens pas à la fin à en avoir, dis que je suis un chien sans queue ^'*').
SIR ANDRÉ
Si je n'en obtiens pas , ne fais jamais fond sur ma pai-ole; prends-le comme tu voudras.
SIR TOBIE
Allons, venez, je vais brûler quelques verres de Canarie ; il est trop tard pour aller se coucher maintenant; allons, chevalier, venez.
(Us sortent.)