‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 239 sur 294 · ACTE II, SCÈNE III. 4ii · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. 4ii

SIR ANDRÉ

Je le flaire aussi déjà.

SIR TOBIE

Il croira , par des lettres que vous laisserez adroitement tomber sur son passage, qu'elles viennent de ma nièce, et qu'elle est amoureuse de lui.

MARIE

Oui , mon projet est un cheval de cette couleur-là.

SIR ANDRÉ 1-41)

Et votre cheval fera de lui un âne.

MARIE

Oui , un âne , je n'en doute pas.

SIR ANDRÉ

Oh! cela sera admirable.

MARIE

Un plaisir de roi, je vous en assure. Je sais que mon remède opérera sur lui. Je vous posterai tous deux en embuscade , et le fou fera le troisième dans un lieu oii il trouvera la lettre : observez bien comme il l'interprétera. Pour ce soir, au lit; je vais y rêvera mon projet. Adieu.

(EUcsort.) SIR TOBIE.

Bonne nuit, Penthésilée ('^'^.

Par ma foi, c'est une brave fille.

SIR TOBIE

C'est une excellente levrette, et de bonne race, et une fille qui m'adore. Qu'en dites-vous?

4i2 LA. DOUZIÈME NUIT,

SIR ANDRE

J'ai été adoré aussi jadis, moi.

SIR TOBIE

Allons nous mettre au lit , chevalier. — Tu aurais besoin d'envoyer demander plus d'argent.

SIR ANDRÉ

Si je ne peux regagner votre nièce, je suis dans un mauvais pas.

SIR TOBIE

Envoie demander de l'argent, chevalier : si tu ne parviens pas à la fin à en avoir, dis que je suis un chien sans queue ^'*').

SIR ANDRÉ

Si je n'en obtiens pas , ne fais jamais fond sur ma pai-ole; prends-le comme tu voudras.

SIR TOBIE

Allons, venez, je vais brûler quelques verres de Canarie ; il est trop tard pour aller se coucher maintenant; allons, chevalier, venez.

(Us sortent.)

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