ACTE II, SCÈNE A
SIR TOBIE
Et je ne lui demanderais pour dot qu'une seconde plaisanterie pareille.
SIR ANDRÉ
J'en dis autant.
( Enlre Marie. )
FABIAK.
J'aperçois celle qui attrape si bien les dupes.
SIR TOBIE, à Marie.
Veux-tu mettre ton pied sur ma tête 1
SIR ASDRÉ.
Ou sur la mienne ?
SIR TOBIE
Jouerai-je avec toi ma liberté , au jeu des carrés. Et deviendrai-jeton esclave dévoué?
SIR ANDRÉ
Oui d'honneur ; ou veux-tu que ce soit moi ?
Tu l'as plongé dans un tel rêve , que quand il en perdra l'image, il en deviendra fou.
MARIE
Allons , dites la vérité : cela fait-il effet sur lui ?
SIR TOBIE
Comme Teau-de-vie sur une sage-femme.
MARIE
Si vous voulez donc voir les fruits de cette farce, remarquez bien son premier abord devant ma mai-
43o LA DOUZIÈME NUIT,
tresse. Il va aller la trouver en bas jaunes, et c'est une couleur qu'elle abhorre; les jarretières au-dessus du genou, mode qu'elle déteste; et il va lui faires des sourires, qui cadreront si mal avec la tristesse et la mélancolie où elle est plongée , qu'il est imposible qu'il n'en résulte pas pour lui le plus insigne mépris ; si vous êtes curieux de cette scène , suivez-moi.
SIR TOBIE
Je te suivrais aux portes du Tartare, rare démon d'esprit.
SIR ANDRE
Je veux en être aussi.
(Us sortent.;