‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 248 sur 294 · ACTE II, SCÈNE A · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE A

SIR TOBIE

Et je ne lui demanderais pour dot qu'une seconde plaisanterie pareille.

SIR ANDRÉ

J'en dis autant.

( Enlre Marie. )

FABIAK.

J'aperçois celle qui attrape si bien les dupes.

SIR TOBIE, à Marie.

Veux-tu mettre ton pied sur ma tête 1

SIR ASDRÉ.

Ou sur la mienne ?

SIR TOBIE

Jouerai-je avec toi ma liberté , au jeu des carrés. Et deviendrai-jeton esclave dévoué?

SIR ANDRÉ

Oui d'honneur ; ou veux-tu que ce soit moi ?

Tu l'as plongé dans un tel rêve , que quand il en perdra l'image, il en deviendra fou.

MARIE

Allons , dites la vérité : cela fait-il effet sur lui ?

SIR TOBIE

Comme Teau-de-vie sur une sage-femme.

MARIE

Si vous voulez donc voir les fruits de cette farce, remarquez bien son premier abord devant ma mai-

43o LA DOUZIÈME NUIT,

tresse. Il va aller la trouver en bas jaunes, et c'est une couleur qu'elle abhorre; les jarretières au-dessus du genou, mode qu'elle déteste; et il va lui faires des sourires, qui cadreront si mal avec la tristesse et la mélancolie où elle est plongée , qu'il est imposible qu'il n'en résulte pas pour lui le plus insigne mépris ; si vous êtes curieux de cette scène , suivez-moi.

SIR TOBIE

Je te suivrais aux portes du Tartare, rare démon d'esprit.

SIR ANDRE

Je veux en être aussi.

(Us sortent.;

Page 1