‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 268 sur 294 · OU AI A · texte numérisé non relu

OU AI A

J'en ai trop dit à un cœur de pierre, et j'ai ex-

/fio LA DOUZIÈME NUIT,

posé mon honneur à trop bon marché. Il est en

moi une voix secrète qui me reproche ma faute ;

mais ma passion est si opiniâtre , qu'elle se rit des

reproches.

VIOLA

La passion de mon maître vient de même d'un penchant invincible qui l'entraîne malgré lui.

OLIVIA

Recevez et portez ce grg^e en souvenir de moi; c'est mon portrait : ne le refusez pas ; il n'a point de langue qui puisse vous être importune, et je vous en conjure, revenez me trouver demain. Que pourrez-vous me demander, que je vous refuse, de tout ce que l'honneur peut , sans se compromettre , accorder à votre demande?

VIOLA

Rien autre chose que cette grâce ; un retour d'amour sincère pour mon maître.

OLIVIA

Comment puis-je, sans blesser mon honneur, lui donner à lui ce que je vous ai déjà donné ?

VIOLA

Je vous tiendrai quitte.

OLIVIA

Allons, revenez demain j adieu : un démon tel que toi pourrait conduire mon âme à l'enfer.

(Elle son.) (Rentrent sir ToHe Belcli et Fabian. )

SIR TOBIE

Jeune chevalier, Dieu te garde !

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