‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 271 sur 294 · ACTE III , SCÈNE IV. 4i · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE IV. 4i

Il a réfléchi depuis sur sa querelle , et il trouve à pre'sent qu'à peine vaut-elle la peine d'en parler : ainsi, tirez l'épëe seulement pour l'honneur de sa parole : il proteste qu'il ne vous blessera pas.

VIOLA

Dieu me protège ; il ne s'en faut guère que je ne leur dise tout ce qu'il me manque pour faire un homme.

FABIAN

Cédez le terrain, si vous le voyez ti'op fui'ieux.

SIR TOBIE, à sir André.

Allons, il n'y a pas moyen de l'éviter, sir André : le jeune cavalier ne tirera qu'une botte avec vous , pour sauver son honneur : il ne peut, par les lois du duel, s'en dispenser : mais il m'a promis, foi de gentilhomme et de guerrier, qu'il ne vous blessera pas. Allons, en défense.

SIR ANDRÉ

Dieu veuille qu'il tienne sa parole !

( Il tire l'e'pe'c. ) ( Entre Antonio. )

VIOLA

Je vous assure que c'est contre ma volonté.

{ Elle tire le'pe'e. ) ANTONIO, à sir André.

Remettez votre épéè : si ce jeune gentilhomme vous a fait quelque insulte, je prends la faute sur moi. Si vous lui faites le moindre mal, j embrasse sa défense et vous attaque.

( Tirant son epée. ) SIR TOBIE, à Antonio.

Vous, monsieur? Quoi! qui êtes-vous ?

ToM. VII. Shuhspeare. , 3o

ANTONIO

Un homme , monsieur, qui , pour l'amour de ce jeune cavalier, fera plus encore que vous ne l'avez entendu se vanter à vous qu'il en ferait.

SIR TOBIE

Si vous êtes un entrepreneur *^®') , je suis pour vous.

(lUirel'épée.) (Entrent des officiers de justice.)

FABIAN

Ah! cher sir Tobie, arrêtez; voici les officiers de justice.

SIR TOBIE, à Antonio.

Je serai à vous dans un moment.

VIOLA, à sir André'.

Je vous en prie , monsieur, remettez votre épée , si c'est votre bon plaisir.

Oli ! bien volontiers , monsieur ; et quant à ce que je vous ai promis , je vous réponds de tenir ma parole. Il vous portera bien doucement, et il a une excellente bouche.

PREMIER OFFICIER

Voilà l'homme ; faites votre devoir.

SECOND OFFICIER

Antonio, je vous arrête à la requête du comte Orsino.

ANTONIO

Officier, vous vous méprenez.

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