‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 275 sur 294 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

maîtresse. Je ne voudrais pas être dans l'une de vos casaques pour deux sous.

(Il sort. ) SIK TOBIE, conlenaat Séhaslien.

Allons, monsieur, arrêtez.

SIR ANDRÉ

Oh! laissez-le libre; je vais m'y prendre d'une auti'e façon pour l'arranger; j'aurai contre lui une action en batterie pour peu qu'il y ait des lois en Illyrie; quoique je l'aie frappé le premier, cela ne fait l'ien à la chose.

SÉBASTIEN

Otez votre main.

SIR TOBIE

Allons, monsieur, je ne vous lâcherai point. Allons, mon jeune guerrier, rengainez votre fer. Vous êtes bien échauffe. Allons.

SÉBASTIEN

Parbleu ! je me débarrasserai de tes mains. ( Il se dégage. ) Que veux-tu à présent ? Si tu oses me provoquer encore, tire ton épée.

SIR TOBIE

Quoi, quoi? Allons, il faut que je tire de toi une ou deux onces de ce sang insolent.

(Ils tirent l'épée et se battent.) ( Entre Olivia. )

OLIVIA

Arrêtez, sir Tobie. Sur votre vie, je vous l'ordonne , arrêtez.

SIR TOBIE

Madame .... • •

OLIVIA

Sera-ce toujours la même chose? Homme incivil et grossier , fait pour habiter les montagnes , les cavernes sauvages , oîi jamais l'on n'enseigna la politesse , sortez de ma vue. — Ne vous scandalisez pas , cher Césario. — Homme brutal, sortez. (Sir Tobie et sir André sortent.) (^A Césario.) Je vous prie, mon doux ami , que votre sage prudence , et non la passion , vous gouverne dans cette incivile et féroce violence contre votre paix. Venez avec moi dans ma maison , et après que je vous aurai conté combien de scènes extravagantes et bizarres ce rustre a faites, vous ne ferez que rire de celle-ci; vous ne pouvez vous dispenser de venir. Ne me refusez pas ; maudite soit son âme ! il a effrayé mon pauvre cœur en vous attaquant.

SÉBASTIEN

A quoi ceci resemble- t-il? De queL côté va le courant? Ou suis-je dans le délire, et tout ceci estil un songe? — Que mon imagination plonge ainsi mes sens dans les flots du Léthé ! et si c'est un songe, puisse mon sommeil durer toujours !

OLIVIA

Allons , venez, je vous en prie ; je voudrais que vous voulussiez vous laisser conduire par mes conseils.

SÉBASTIEiN.

Madame , je le veux bien.

OLIVIA

Dites toujours de même, et que ce soit une vérité.

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