‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 288 sur 294 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

SIR ANDRÉ

Il m'a blessé la tête , et donné aussi à sir Tobie une sanglante estafilade. — Au nom de Dieu, du secours : pour quarante guinées je voudrais être chez moi.

OLIVIA

Quel est le coupable , sir André ?

Le page du comte, un nommé Césario. Nous l'avons pris pour un poltron, mais c'est un vrai diable incarné.

LE DUC

Mon page, Césario?

SIR AWDRÉ.

Mort de ma vie ! le voilà ici. — Oui, vous m'avez fendu la tête pour rien ; et moi ce que j'ai fait, je ne l'ai fait que par l'instigation de sir Tobie.

VIOLA

Pourcjuoi vous adressez-vous à moi ^ Jamais je ne vous ai fait aucun mal. Vous avez tiré votre épée sur moi sans aucun sujet : je vous ai parlé doux , et je ne vous ai fait aucune blessure.

SIR ANDRÉ

Si une entaille sanglante est une blessure , vous m'avez blessé; je crois que vous ne faites pas cas d'une entaille sanglante. \Entre sir Tobie ivre et soutenu par le boiijj on. )Yoici sir Tobie qui vient tout chancelant : vous allez en entendre davantage. Mais, s'il n'avait pas été pris de boisson, il vous aurait chatouillé d'une autre manière qu'il n'a fait.

4,j6 LA DOUZIÈME NUIT,

LE DUC

Hë bien , chevalier , en quel état êtes-vous donc ?

SIR TOBIE

Cela est ëaçal : il m'a blessé , et voilà tout, — {Au fou.) Sot, as-tu vu Dick le chirurgien? réponds.

Oh! il est ivre, sir Tobie , depuis près d'une heure. Ses yeux se sont fermés à huit heures du matin.

SIR TOBIE

Eh bien , c'est un drôle; et après un passamezze ^^^^, et un pavan (^'"^ , ce que je hais le plus, c'est un drôle qui s'enivre.

SIR ANDRÉ

Je vais vous aider, sir Tobie ; nous nous ferons panser ensemble.

SIR TOBIE

Voulez-vous aider une tête d'âne , un fat , un fripon , un drôle à la face effilée , une dupe?

OLIVIA

Qu'on le mène à son lit, et que sa blessure soit pansée.

( Le bouJFon, sir André et sir Tobic sortent. ) ( Se'Lastien entre. )

SÉBASTIEN

Jesuisfàché, madame, d'avoir blessé votre parent; mais eût-il été mon propre frère , je n'aurais pu en faire moins, par prudence et pour ma sûreté. Vous jetez sur moi un regai^d tout-à-fait étrange, qui me fait sentir que je vous ai offensée. Pai-don-

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