ACTE III, SCENE H
DON PÈDBE.
Voilà en effet des tëmoignagnes accablans contre lui. — Concluons , concluons , il est amoureux.
CLAUDIO
Sans cloute ; de plus, je connais celle qu'il aime.
DON PÉDRE.
Pour celle-là , je voudrais la connaître. Une femme, je gage , qui ne le connaît pas.
CLiDDIO.
Ni lui , ni tous ses défauts ; et eu dëpit de tout , elle se meurt d'amour pour lui.
DON PÈDBE
Elle sera enterrée le visage tourne' vers le ciel.
BÉKÉDICK.
Toutefois ces propos ne sont pas un charme contre le mal de dents. — Vous , mon vieux ami , venez à l'écart vous promener avec moi. J'ai étudie huit ou dix mots de bon sens que ces étourdis ne doivent pas entendre.
(Bénédick sort avec Le'onato.)
Sur ma vie , il va s'ouvrir à lui au sujet de Béatrice.
CLAUDIO
Oh ! c'est cela même ! Maintenant Héro et Marguerite ont dû jouer leur rôle avec Béatrice : ainsi nos deux ours ne se mordront plus l'un l'autre quand ils se rencontreront.
8o BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN,
(Don Juan paraît.)
DON JUAN
Mon seigneur et frère , Dieu vous garde !
DON PÈDRE
Bonjour, mon frère.
DON JUAN
Avez-vous le loisir de m'entendre? Je souhaiterais vous parler.
DON PÈDRE
En particulier ?
DON JUAN
Si vous le jugez à propos ; cependant le comte Claudio peut rester. Ce que je viens vous dire l'intéresse.
DON PÈDRE
De quoi s'agit-il?
DON JUAN, à Claudio.
Etes-vous déterminé à vous marier demain ?
Vous savez que oui.
DON JUAN
Je n'en sais rien... quand il saura ce que je sais.
CLAUDIO
Se présente-t-il quelque empêchement ? Dites-lenous , je vous prie.
DON JUAN
Vous pouvez croire que je ne suis pas votre ami ; la suite vous en instruira. Apprenez à mieux penser de moi par le fait dont je vais vous informer. Quant à mon frère , il vous chérit sans doute , et c'est par