‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 53 sur 294 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

VERGES

Et je m'en réjouis aussi.

LÉONATO.

Enfin , je désirerais savoir ce que vous avez à me dir-e.

VERGES

Voyez-nous, seigneur, notre garde et nous , en exceptant votre seigneurie ici présente , nous avons pris cette nuit un couple des plus fieffés lari'ons qui soient dans Messine.

DOGBERRY.

Voilà un bon vieillard , seigneur ; il va jaser ! et comme on dit , quand 1 âge entre dans la tête , l'esprit en sort. Oh ! c'est un monde à voir ^''^ ! — C'est bien dit , c'est bien dit , voisin Verges. (./^ ï oreille de Léonato.) Un vieux bon homme. Passez-lui quelque chose. Allons, Dieu est un bon homme ^^''-\ Si deux hommes montent un cheval , il faut qu'il y en ait un qui soit en croupe , — une bonne âme , par ma foi , monsieur , autant qu'homme qui jamais brisa du pain , je vous le jure; mais Dieu soit loué , tous les hommes ne sont pas égaux ; hélas ! bon voisin !

LÉONATO.

En effet , voisin , il vous est trop inférieur en mérite.

Ce sont des dons qui viennent du ciel.

LÉONATO.

Je suis forcé de vous quitter.

DOGBERRY.

Un mot encore, bon seigneur; notre garde a cette nuit saisi deux personnes suspectes ^^^K Nous voudrions les voir ce matin examinées devant votre seigneurie.

LÉONATO.

Examinez-les vous-mêmes , et vous me remettrez votre rapport. Je suis trop presse' maintenant, comme vous pouvez bien juger.

DOGBERRY.

Oui, oui, nous suffirons bien.

LÉONATO.

Goûtez de mon vin avant de soi'tir, et portez-vous bien.

( Entre un messager. )

LE MESSAGER

On n'attend plus que vous , seigneur ; venez donner votre fille à son e'poux.

LÉONATO.

Je vais les trouver : me voilà prêt.

( Le'onato et le messager sortit. )

Allez , bon compagnon , allez trouver Georges Charbon ; qu'il apporte à la geôle sa plume et son encrier de corne : il nous faut examiner ces deux hommes.

VERGES

Il nous le faut faire avec prudence.

DOGBERRY.

Nous n'y épargnerons pas l'esprit, je vous jure.

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