ACTE V, SCÈNE I
Mon frèi^e Antonio ! . . .
AKTONIO.
Demeurez tranquille. Hé bien, quoi! — Je les connais bien, vous dis-je , et tout ce qu'ils valent, jusqu'à la dernière drachme. De jeunes tapageurs, des impertinens au jargon à la mode, qui mentent, cajolent, raillent, corrompent et calomnient, se mettent d'une façon étrange, affectent un air terrible, débitent une demi-douzaine de mots menaçans pour dire comment ils frapperaient leurs ennemis s'ils l'osaient, et voilà tout.
LÉOHATO
Mais , Antonio , mon frère
ANTOKIO.
Allez , vous n'avez que faire ici ; ne vous en mêlez pas ; laissez-moi seul.
DON PÈDRK.
Honnêfes vieillards , nous ne provoquerons point votre colère. — Mon cœur est vraiment affligé de la mort de votre fille. Mais, sur mon honneur, on ne la chargée d'aucun reproche qui ne fût vrai , et dont la preuve ne fût évidente.
LÉONATO. . ^
Seigneur , seigneur !
DON PÈDRE
Je ne veux plus vous entendre.
LÉONATO.
Non? — Venez, mon frère; mar-chons. — Je prétends qu'on m'entende.
TOM VII. Shakspcarc. - Q
!3o BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN,
ANTOKIO.
Et vous serez entendu j ou il y en aura quelqu'un de nous qui le paiera cher.
(Léonato el Antonio s'en vont, ) ( Entre Bénédict. )
DON PÈDRE
Voyez, voyez. Voici l'homme que nous allions chercher.
CLAUDIO
He' bien , seigneur ? Quelles nouvelles en ville ?
BÉNÉDICK, au prince.
Salut, seigneur.
DON PÈDRE
Soyez le bienvenu, Bénédick. Vous êtes presque venu à temps pour rompre une querelle prête à
s'engager.
CLAUDIO
Nous avons vraiment manque' d'avoir le nez brisé par deux vieillards qui n'ont plus de dents.
DON PÈDRE
Oui , par Léonato et son frère. Qu'en pensez-vous? Si nous en étions venus aux mains ; je ne sais pas si nous aurions été trop jeunes pour eux.
Il n'y a jamais de vrai courage à soutenir une cause injuste. Je suis venu vous chercher tous deux.
CLAUDIO
Et nous, nous avons parcouru toute la ville pour vous joindre. Car nous sommes atteints d'une profonde mélancolie, et nous sei'ions charmés d en être