‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 75 sur 294 · ACTE V, SCÈNE I iSg · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I iSg

dant,]30ur donnei- satisfaction à ce digne vieillard, je me soumettrais à tout ce qu'il voudrait m'ordonner de plus pénible.

LÉONATO.

Je ne puis vous ordonner de commander à ma fille de vivre ; cela est impossible. Mais je vous pi'ie tous deux de proclamer ici , devant tout le peuple de Messine , que ma fille est morte innocente; et si votre amour peut trouver quelques vers touchans , suspendez-les en ëpitaphe sur sa tombe et chantez-les sur ses restes. — Demain matin, rendezvous à ma maison , et puisqu'il n'est pas possible que vous soyez mon gendre, devenez du moins mon neveu. Mon frère a une fille qui est presque trait pour tirait l'image vivante de ma fille qui est morte, et elle est l'unique héritière de nous deux ; donnezlui le titre que vous auriez donne ù sa cousine; là expire ma vengeance.

CLAUDIO

0 généreux vieillard, votre excès de bonté m'arrache des larmes. J'embrasse votre offre, et désormais disposez de l'infortuné Claudio.

LÉONATO.

Ainsi, demain matin je vous attendrai chez moi; je prends ce soir congé de vous. — Ce misérable sera confi'onté avec Marguerite qui , je le crois , est complice de cette calomnie , et gagnée par votre frère.

BORACHIO.

Non, sur mon âme, elle n'y eut aucune part; et elle ne savait pas ce qu'elle faisait, lorsqu'elle

i4o BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN. s'entretenait avec moi à la fenêti-e : au contraire, elle a toujours e'té constamment juste et vertueuse dans tout ce que j'ai connu d'elle.

DOGBERBY.

En outre , seigneur ( ce qui, en vérité, n'a pas été couché sur le blanc et le noir), ce plaignant que voilà, le criminel, m'a appelé âne. Je vous en conjure, souvenez-vous-en dans la peine que vous prononcerez contre lui; et encore la garde les a entendus parler d'un certain La Mode : ils disent qu'il porte une clef à son oreille, une boucle de cheveux qui y est suspendue, et qu'il emprunte de l'argent au nom de Dieu ; ce qu'il a fait souvent et long-temps , sans jamais le rendre qu'aujourd'hui. Les hommes ont le coeur endurci , et ne veulent rien lui prêter pour l'amour de Dieu : je vous en prie, examinez-le sur ce chef.

Je te remercie de tes peines et de tes bons offices.

DOGBERRY.

Votre seigneurie parle comme le jeune homme le plus reconnaissant et le plus vénérable; et je rends grâces à Dieu pour vous.

LÉONATO.

Voilà pour tes peines.

DOGBERRY.

Dieu conserve la fondation !

LÉONATO.

Va, je te déchai-ge de ton prisonnier, et je te re-

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