ACTE V, SCÈNE IV. i
CLAUDIO
Une autre Héro !
HÉRO
Rien n'est plus vrai. Une Héro mourut dëshonore'e ; mais je vis , et aussi sûr qu'il l'est que je vis , je suis viei^ge.
DON PÈDRE
Quoi , la même He'ro ! Héro qui est morte !
LÉO^'ATO.
Elle fut morte , seigneur , tant que vécut son déshonneur. ,
LE MOINE
Je suis en état de vous expliquer tout ce qui cause votre étonnement. Lorsque la sainte cérémonie sera finie , je vous raconterai en détail la mort de la belle Héro : en attendant , familiarisez-vous avec votre surprise , et allons de ce pas à la chapelle.
BÉNÉDICK.
Pas si vite, religieux; un moment. — Laquelle est Béatrice?
C'est moi qui réponds à ce nom. Que désirezvous ?
BÉNÉDICK.
Ne m'aimez-vous pas ? ■
BÉATRICE
Moi ! non , pas plus que de raison.
BÉNÉDICK.
En ce cas , votre oncle , et le prince et Claudio
i54 BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN,
ont été bien ti^ompés : ils m'ont juré que vous
m'aimiez.
BÉATRICE
Et vous ; est-ce que vous ne m'aimez pas ?
EESÉDICK.
En vérité , non ; pas plus que de raison.
BÉATRICE
En ce cas , ma cousine , Marguerite et Ursule se sont bien trompées : car elles m'ont juré que vous m'aimiez.
BÉJNEDICK.
Eux, ils m'ont juré que vous étiez presque malade d'amour pour moi.
BÉATRICE
Et elles , elles m'ont juré que vous étiez presque mort d'amour pour moi.
BÉKÉDICK.
Il ne s'agit pas de cela. — Ainsi , vous ne m'aimez donc pas ?
BÉATRICE
Non vraiment ; seulement je voudrais récompenser l'amitié.
LÉOWATO.
Allons, ma nièce; je suis sûr, moi, que vous aimez ce cavalier.
CLAUDIO
Et moi, je ferai serment qu'il est amoureux d'elle : car voici certain écrit tracé de sa main , un sonnet imparfaitsoi'ti de son propre terveau , et qui s'adresse à Béatrice.