I.K I.ÜRD DES ILES
— Quel est cet enfant? demanda une seconde fois Ronald? — La guerre l’a rendu notre prisonniér, il sera tout à l’heure le vôtre, si la musique a pour vous plus de prix que l’or : muet depuis le berceau , ce jeune garçon est habile sur le luth , et sait abrégpr les heures par les accords les plus doux. Quant à nous, le vent favorable qui pousse notre proue en mugissant nous paroît mille fois plus mélodieux. — Entend-il du moins les paroles qu’on lui adresse ? — Oui , c’est cè que nous a dit sa mère qui a péri dans le naufrage. Voilà ce qui fait pleurer ce jetine musicien. Je ne puis vous en apprendre davantage ; il n’est notre captif que depuis hier; au milieu de la , tempête nous n’avons guère pu nous occuper de lui... Mais c’est trop perdre de temps en paroles; partagez notre repas , et déposez vos armes. ; — Au même instant le captif tourne la tête et lance à Ronald un rapide coup-d’œil : c’étoit un regard 4P significatif que le guerrier comprit facilement.
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— Amis, dit-il, nous ferons feu et table à part. Apprenez que c’est un pèlerinage que, mon.
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CHANT III
^ compagnon, ce page et moi, nous avons entrepris. Nous avons fait serment d’abstinence et de veille, jusqu’à ce que notre vœu soit rempli; nous ne pouvons quitter nos plaids et nos glaives , ni partager le repas d’un étranger. Pendant les lieures du sommeil, l’un de nous est tenu de veiller. Ainsi ne vous offensez pas si nous choisissons ce coin de la hutte pour nous y retirer. — Étrange vœu! dit le plus âgé des montagnards; il est difficile de le bien observer. Que diriez-vous donc si, pour répondre à la méfiance dont vous récompensez notre bon accueil, nous refusions de vous faire part de notre chasse? — Nous vous dirions que nos sabres sont d’une bonne trempe, et que notre vœu ne nous contraint point à mourir de faim quand nous pouvons nous procurer des mets avec de l’or ou du fer. I.e front de 1 étranger s’enflamme de colère, il grince les dents; ^ mais tout son ressentiment s’éteint devant le regard étincelant de Ronald; son lâche cœur ne peut soutenir lè front calme et intrépide du monarque : — Que chacun suive donc la coutume de son clan, dit>il avec un faux sourire; que chacun se tienne dans ses quartiers séparés } et y mange et dorme à sou gré.
Lli l.OKD DK. S ILKS.