XXV
Uu double feu s’allume. Pendant le repas.
Ronald , Bruce et le page veillent tour à tour. Le visagef/lu vieux montagnard n’annonçoit rien de bon; ilsembloit méditer quelque noir stratagème, et ire cessoi.t de regarder en dessous avec un air dç . circonspection. On remarquoit sous ses épais sourcils l’expression du doute et de l’astuce. Le plus jeune, qui paroissoit être son fds, avoit ce sombre aspect qui fait peur aux âmes timides; quant aux serfs qui se teuoient derrière eux, il f avoit dans leurs regards un mélange de haine.et de crainte : mais bientôt la nuit devint plus obscure dans la cabane; ils se couchèrent tous cinq et s’endormirent ou feignirent de dormir. Le jeune captif lui-mème qui, privé de la parole, n’avoit plus que ses yeux pour déplorer ses malheurs , cédant à la fatigue, s’étendit par terre pour
sommeiller.
xxvi. k
Le monarque,ne se fiant pas à ses hôtes dangereux, laisse veiller Ronald jusqu’à minuit; alors Bruce le relève lui-même, et Allan veillera le der- 4 nier, apres avoir pris le repos qu exige son âge plus tendre. Quelle est là pensée que Ronald ap-
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pelle à son secours pour résister au sommeil? car la crainte d’un aussi lâche ennemi n’auroit pu suffire pour l’occuper. Ronald pense à la charmante Isabelle, au moment où elle tomba aux genoux d'Argentine* il la revoit aussi dans le brillant tournois de Woodstok , où elle lui remit avec «un sourire bienveillant le prix dû au vainqueur. Belle aux jours de la gloire, belle encore dans le malheur , la sœur de Bruce ne remplit pas seulè le cœur du prince des Iles; il se rappelle aussi Écfith, son aimable fiancée.... Ah! comment se décidera-t-il ? L’une a son amour et son cœur, l’autre sa foi et ses serments prononcés devant le Ciel. Lîheure de la veille n’est pas pénible pour lui : rarement le sommeil visite les amants. Enfin le hiboû fit entendre son chant de minuit ; le renard y répondit en glapissant ; le monarque s’éveilla, et , cédant à ses instances : lord Ronald consentit à prendre un peu de repos.
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Quel charme employa le roi Robert pour ou- * blier les fatigues du jour? Son imagination fit palpiter son cœur de l’enthousiasme de la liberté; il rêva au bonheur de sa patrie, aux combats livrés pour elle, aux châteaux pris d’assaut, aux villes affranchies, aux étendards de l’Angleterre
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