‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 28 sur 124 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

Appuyé sur son glaive sanglant , le valeureux Bruce dit à Ronald: t— A mi, nous devons rougir... ce jeune ménestrel lève vers le Ciel ses lèvres muettes, et il joint les mains pour rendre grâces au Très-Haut de notre délivrance miraculeuse,tendis que, ndus oublions d’exprimer notre reconnoissance à la Divinité. *

Bruce s’approcha du jeune captif en lui parlant avec douceur; mais son épéé ntte le fit frémir. Le monarque essuya le sang qui la^souilloit et la replongea dans le fourreau. — Hélas! ajouta-t-il, pauvre enfant! ta destinée est bien peu d’accord avec ta douceür et ta foiblesse : esclave d’un pirate, tu passes sous un autre maître dont la vie errante n’est qu’une suite de combats et »de dangers;.. mais, quoique prince sans royaume et privé de presque tous ses amis, Bruce saura te donner un asile. — Viens, noble Ronald, tes larmes généreuses ont assez coulé sur celui (pii n’est pluSi Allan est d’ailleurs bien vengé; viens^ quittons ses lieux, le jour a lui; allons chercher notre uà-

LE f.ORD DES ÎLES.

vire... Je me flatte que ce traître .nous a, trompés èn nous annonçant qu’il avoit pris le large.

Cependant, avant de quitter ce théâtre de carnage, le prince des Iles fit ses tristes adieux à Allan : — Qui racontera sa fin déplorable dans le château de Donagaile? dit-il ; hélas! qui apprendra à sa pauvre mère que le plus chéri de ses fils est mort dans la fleur de son âge! Paix à ton ombre, page infortuné ; compte sur moi pour le soin des prières funèbres. Quant à ces lâches,, les hurle- 4 ments du loup et le cri du corbeau retentirontsur leurs cadavres privés de sépulture.

V Déjà une lumière de pourpre et d’or se répand sur la crête orientale de Coolin et sur les sombres vagues du lac ; elle brille des plus riches nuances depuis le pic aérien de la montagne jusqu’aux ravins et aux précipices, f C’est ainsi que les grandeurs de la terre nous abusent de loin par leur éclat, et couvrent sous la magnificence les soucis secrets qui les accompagnent.) Bruce et Ronald suivent un sentier inégal à travers les saillies d’un dur granit. Les deux guerriers s’entretiennent tristement et le captif les suit en silence.

‘■W.L • A- ■ • -« \v., . HuM Ælk

CHANT IV

Etranger, si tes pas audacieux ont parcouru les contrées septentrionales de l’antique Calédonie , où l’orgueilleuse reine du désert a placé son trône solitaire près des lacs et des cataractes , ton âme a éprouvé un plaisir sublime, mais triste, en contemplant les vallons incultes et la cime des monts; en écoutant les torrents rapides qui se précipitent des flancs des rochers et mêlent leurs voix mugissantes aux cris de l’aigle, au murmure du lac et au sifflement des aquilons.

Oui, ce spectacle t’a paru sublime, mais plein de mélancolie;., la solitude a pesé sur ton âme, le désert a lassé tes yeux; un sentiment solennel et sévère , une terreur étrange , ont accablé ton cœur ; tu aurois désiré trouver non loin de toi la cabane d’un bûcheron ou quelque indice d’une créature vivante ; tu aurois aperçu avec ravissement la fumée s’élever en légers flocons au-dessus du toit hospitalier ; tu aurois répondu avec joie au chant matinal du coq ou aux cris des enfants, sous la verdure des saules.

« Quels sont les lieux dont la sauvage grandeur

8o - . lE LORD DES ÎLÇS.

excite cet effroi adouci par un soupir? Ce sont les lacs du sombre Rannoch, la vallée de Qlencoë, ou bien encore ces cavernes blanches d’écume des climats du nord, où le Loch-Éribol mugit de colère. Mais que le ménestrel aille juger si ces solitudes imposantes ne le cèdent pas au terrible rivage qui voit s’élever l’aride crête de CoolioÇ et qui eutend rugir le Coriskin. -, .. -

Les guerriers traversoient ces déserts, lorsque le son d’un cor et des clameurs répétées fraj*pèrent leurs oreilles. —C’est le cor d’Bdward, dit Bruce, quelle cause a pu déterminer un si prompt retour? Regarde, généreux Ronald.., vois -le s’élancer sur les rochers avec la légèreté du cerf poursuivi. C’est ainsi qu’Edward Bruce précipite toujours ses pas dans les jeux de la paix Comme aux jours des batailles. . . Il nous a vus ; avant qu’il soit auprès de nous, ses cris vont nous instruire des motifs qui l’amènent.

in.

Edward s’écrie: — Que faites -vous ici à la poursuite du chevreuil, lorsque I’Écosse réclame son roi? Un navire de Lennox,.qui s’est croisé

. CHANT IV. * 8l

avec le nôtre, m’accompagne pour vous en porter à la hâte l’heureuse nouvelle. Stuart appelle aux armes les vallons de Teviot, et Douglas ceux où il reçut le jour. Ta flotte, ô Bruce ! est parvenue malgré la tempête dans la baie de Brodick. Lennox n’attend que ton arrivée et tes ordres pour enibarquer une troupe de braves dévoués; mais il me reste encore une faveur du Ciel à t’apprendre: le plus cruel de tes ennemis, Edward, vient d’expirer sur les frontières, en marchant contre nous à la tète de son armée.

Bruce demeura calme... son front sévère témoignoit rarement sa joie. Mais bientôt un noble enthousiasme colora son visage : — Terre d’Écosse, s’écria-t-il , tu verras donc, avec la volonté du Ciel, tes enfants libres et vengés de leurs ennemis. Mais, Dieu tout-puissant, je te prends à témoin qu’il nd* se mêle aucun ressentiment personnel à la joie que me cause la mort d’Edward : je reçus de sa main l’épée de chevalier; je lui dus mon rang et mon sceptre , et je puis avouer qu’en arrachait de l’histoire la page des affronts faits à l’Ecosse, la postérité ne pourroit plus voir en lui qu’un monarque sage, courageux et chéri de son peuple. — Que les bourgeois de Londres dé-

Kojiijs poétiques. Toni. in. 6

' LE LOÎID DES ILES

plorent la perte de leur prince, que les moines deCraydon chantent ses louanges, reprit Edward avec vivacité; ma haine, éternelle comme la sienne, franchit les barrières de la vie et ne «* meurt pas avec celui qui n’est plus. Telle a été la haine de notre persécuteur sur les sables de . Solway, quand la rage contractoit encore sa main presque insensible pour montrer la terre d’Ecosse, • et qu’il prononcoit pour dernières paroles des malédictions contre son successeur, s’il épargnoit & la patrie de Bruce avant que tous les prétendus rebelles fussent étendus sur leurs sillons ensanglantés. Telle a été sa haine lorsque, renonçant r aux paisibles demeures des morts, il a ordonné à son armée impitoyable de transporter ses ossements sur nos frontières, comme si son œil glacé • pouvoit encore jouir du spectacle de nos infor-

tunes. Telle a été la haine du tyran; 'cruelle, . terrible, éternelle... comme la mienne.

4 — Edward, laisse les femmes s’attaquer avec des mots, et les moines avec des malédictions; ' l’épée est la seule arme des guerriers. Cfois qu’il nous restera assez d’ennemis vivants pour satisfaire ta haine et ta vengeance. Tourne les yeux vers la mer, et vois ces galères qui nous invitent

. ; ' A. n cHAirtç ivv f ’

à profiter du veut favorable. A bord, à bord, et qu’on mette à la voile. Dirigeons-nous sur Arran , où nos amis dispersés se sont réunis au loyal Lennox, à Delaliaie , et à Boyd si audacieux dans les batailles. Il me tarde de commander ces vaillants soldats et de voir flotter de nouveau mon étendard... Le noble Ronald veut-il nous accompagner, ou rester pour réunir les forces de ces îles? — Advienne ce qu’il pourra, heur ou malheur, reprit le chef, Ronald ne quittera jamais le côté de Bruce. Puisque deux galères sont entrées dans la baie , la mienne ira , avec l’agrément de mon souverain, appeler aux armes les clans d’Uist et tous ceux qui entendent les rugissements du Minchesur les rivagesde Long-Island. Quant aux habitants des îles plus voisines, nous pouvons, sans éprouver un grand retard, les avertir nous-mêmes en continuant notre route; et bientôt la côte d’Arran verra Torquil arriver avec une flotte, si ses insulaires de l’ouest res-

I* J Jh' v ' • ÿ 'Vr

pectent toujours les ordres de leur prince.

Ce projet fut adopté. Mais avant qu’on remit à la voile, Coolin et le sombre Coriskin entendirent les lamentations des funérailles. Les*usulaires attristés portèrent jusqu’au- rivage le corps

84 le lobu des îles/'

du page malheureux , en suivant à pas lents les bords de ce lac, digne théâtre d’un spectacle aussi douloureux. A chaque halte, les chants du coronach s’élevoient jusqu’aux nues; et , quand le cortège se remettoit en marche, les Cornemuses célébroient avec les sons aigres du pibroc le jeune héritier de Donagaile. Les rochers et les cavernes du Coolin répétèrent l’hymne des tombeaux.

Ces funèbres accords alloient mourir sur les brouillards de la montagne; car jamais accents formés par des mortels n’atteignirent sa cime escarpée qui ne répond qu’à la voix terrible de la tempête, ou aux roulements de la foudre.

'vu:

’vn: « : X • «

Le navire sillonne rapidement léS flots et bon*, dit poussé par la brise des montagnes de%én*o<i- Darch, qui se joue dans ses voiles ; le frétni^w^ ment, qui agite les cordages ressemble au rire tfe ■ la gaîté; les vagues divisées bouillonnent et mflr* murent cbmme pour répondre par un semblante son. La mouette précède le vaisseau, et rasejfe • plaine liquide d’une aile légère. La cime du Coo- . lin et les rochers de Sapen ont déjà disparu. Ce fut alors que des signaux guerriers se firent'; aux Hoir es tours du Dunscaith et du lac !

bientôt d’épais nuages de fumée s’élèvent en’Ÿôur-

CHAUT IV

noyant sur Cavilgarrieh. A cet aspect, qui flatte leur soif de guerre et de vengeance, les clans belliqueux de Sleat et de Strath, impatients d’en venir aux mains, coururent aux armes et se couvrirent de leurs boucliers. Le chef de Mac-Kinnon, blanchi dans les batailles, est chargé de les commander et de les conduire à la baie de Brodick.

VIII*. * ‘ ♦

Un autre signal éclaire au loin la terre et la mer du haut de la tour de Canna , suspendue sur l’abime comme le nid du faucon. Ne cherchez point à gravir le rocher sur lequel est assis ce château , pour y contempler ses ruines; c’est une entreprise hasardeuse, si ce n’est pour le daim ou l’agile chevreuil. Arrêtez-vous sur les sables argentés de la plage, et faites répéter au vieux berger son antique tradition. Il imposera silence aux sauvages, aboiements de son chien, étendra son * plaid sur les grèves de l’Océan , vous invitera à vous y asseoir, et vous racontera comment un chef amena jadis une dame étrangère dans cette sombre tour. Une noire jalousie put seule inspirer à cet époux sé^re de confiner dans une telle prison une aussi belle captive. . o

Souvent , lorsque les rayons de la lune dormoient sur le sein des vagues, cette aimable étran-

% . ft

: *àkx.

• vV r

DigiiizKft^- Gongl

LE LOBD DES ILES

gère s’inclinoit en pleurant sur les crénaux des ‘• 4 . . ,4k remparts, et tournoit les yeux vers les climats du

C . 1 ‘ sud. Pensant peut-être à des temps plus heureux, elle touchoit son luth, et chantoit de plaintives . romances dans la langue de sa patrie. De nos

• , jours encore , quand la clarté de l’astre des nuits

se reflète sur le rocher et la baie, quand chaque brise est muette, l’habitant des Hébrides croit entendre , avec un plaisir mêlé de crainte, le mur- >. mure d’un luth et la voix d’une captive qui déplore ses malheurs dans une langue inconnue... Ce récit est touchant... mais il a déjà trop occupé la harpe du ménestrel... Hélas! qui peut passer près du rocher et de la tour en ruines , sans accorder le tribut d’un soupir à l’infortunée dont ils rappellent la mémoire ?

Cependant le pilote a dirigé le navire vers les montagnes de Ronin ; les peuplés qui les habitent . sont accourus sur le rivage; leur arc est détendu. Soumis aux lois du lord des Iles, ils laissent le pieu des chasseurs pour le fer des guerriers. Bientôt la flamme qui brille sur îkoureigg appellç ses • habitants sous les drapeaux de leur prince, race nombreuse avant que le farouche Macleod vînt dans leur île, armé de la vengeance. Vainement la caverne de l’Océan ‘offre un refuge à ses vie-

* - CHAJST IV. ' k 87

t imes. Le chef inexorable eu ferme l’entrée avec des bruyères en feu; d’épaisses vapeurs remplissent le souterrain ; les menaces des guerriers, les , gémissements des enfants , les cris des mères sont vainement entendus; le chef, n’écoutant que sa rage, entretient les flammes jusqu’à ce que toute une tribu expire dans son dernier asile. Les ossements encore entassés dans la caverne attestent cette fatale vengeance. / . > .

Le navire sillonne rapidement les flots, sem- ,

blable à l’alouette qui fend les airs au retour de f ’ f l’aurore f ou au cygne qui traverse l’onde amère * ^ ? dans un jour d’été. On aperçoit à l’est les rivages de Mull , Colonsay, Ulva et le groupe des îles qui r entoureht Staffa, célèbre par le temple de l’Océan ; * •’» .

parmi ses colonnes ignorées, le cormoran trouve * •

un asile paisible ; le timide veau marin repose sans crainte dans cet édifice merveilleux, que la nature semble avoir voulu élever elle-même à la gloire de son créateur, pour surpasser tous les temples construits par des architectes mortels.

Pour quelle autre divinité se seroient élevées ces colonnes, et ces arches se seroient- elles arrondies? Telle est la pensée solennelle qu’iuspire la V/ voix retentissante des vagues, répétée par l’écho rj.'- ’

.1. V/ - JÉk.:

fZ;

88 ■> LE LORD DES ÎLES

iiv ' m * .V * w . .<• 7 „V:- • jfc llT.% r 4*

flans les intervalles du flux et du reflux, avec une mélodie plus imposante que celle de l’orage. Ce n’est point sans dessein que l’entrée de l’édifice fait face à l’antique temple d’Iona; la nature

semble dire à l’homme : — Enfant fragile de la

poussière, tu as construit un monument auguste et vanté au loin ;... mais regarde le mien !

'• * * • “ -- si. ' • ' ' ï

Lé navire continue sa route rapide, comme le dauphin qui échappe au tyran des mers, ou tel qu’un daim poursuivi par la meute. Ronald laisse le Loch-Tua du côté opposé au vent; il se fait reconnoître aux guerriers du sauvage Tlfcy, et au chef de l’île sablonneuse de Coll. Il ne s’arrête point au port de Saint-Colomba, quoique l’airain des clochers retentisse solennellement. — Le fier et vaillant lord de Lochbuie vit son signal, et ceignit son épée; la verdoyante Iloy réunit tous ses braves; avec .eux s’armèrent l’île de Scarba, battue par les flots menaçants du Corryvrekin, et la solitaire Colonsay. Lieux chantés par une harpe aujourd’hui muette , il a cessé de vivre , celui qui vous célébra! il est éteint, ce flambeau r qui aimoit à répandre au loin la clarté du savoir. Un rivage étranger a reçu le dépôt des cendres de Leyden !

CHAWT IV.

pp:

Le vent n’a pas cessé d’être favorable , mais le navire ne sillonne plus les mers. C’est une route inusitée qu’il suit de peur de rencontrer la flotte ennemie du sud, en tournant autour de la péninsule de Cantire ; il entre dans le lac de Tarbat : l’équipage est obligé de traîner le vaisseau sur l’isthme, jusqu’à la baie de Kilmaconnel. Ce fut un spectacle étrange de voir les mâts passer au-dessus de la cime des arbres, et le vaisseau

glisser librement le long des rochers et des- bois. Maint devin des montagnes sut tirer d’importants présages de ce prodige, rappelant aux habitants de ces parages les anciennes légendes qui disoient: — que lorsqu’un navire royal vogueroit sur la mousse de Kilmaconnel, l’antique Albyn triompherait dans les batailles, et verrait pâlir et trembler tous ses ennemis à l’aspect de sa croix d’argent. —

rr’a

Lancée une seconde fois dans la mer, la galère, . ‘ . fière de cet augure, fit voile pour l’ile d’Arran; J

avant de s’éclipser derrière Ben-Ghoil , montagne .

, ' y des vents , le soleil éclaira d’une clarté propice^

*• » -n frf « t i W^Vi a . . . y •. yl #

cet âpre sommet et le Loch-Ranza. Bruce et ses ■

VA , ' • .•/. ‘ A { .. ■ vtr . m. H

-.IV'- *5* ■ VA «y.. . '.V . w •

ao LE LOjRX» DES ILES.

compagnons saluent ces lieux avec joie; l’ile sembloit reconnoître son monarque, tant la côte étoit brillante, tant l’OréaU étoit pur. Chaque vague diamautée rouloit paisiblement dans la baie, où les couleurs de l’or étoient mêlées - à celles de l’azur et de l’émeraude. La tour, la colline, le vallon et le bocage étoient richement nuancés par les teintes de la dernière heure du soir. Le vent, qui soupiroit avec amour, interrompoit seul par intervalles ce silence solennel. Qui auroit voulu détruire le charme de ce tableau enchauté par des entretiens de combats et de malheurs!

Est-ce de la guerre, que parle Ronald? La rougeur qui colore ses joues, sou regard timide et baissé , l’hésitation de sa voix indiquent un tout autre discours: le front du roi Robert laisse con-

poître qu’une pensée profonde l’absorbe , et qu’il doute de ce qu’il peut répondre aune demande importante; cependant on lit aussi parfois dans ses yeux un regard de compassion mêlé à ce sourire de bienveillance de l’homme sévère qui éçoute parler d’amour. Lord Ronald plaide sa cause avec ' inquiétude : — Quant à ma fiancée, dit-il, mon souverain sait comment Édith a fui d’Artornish; elle est trop à plaindre pour que je croie avoir le

. ' ’ • V .'* ji ' éhANT IVi-V-.îy ; ,

droit de blâmer cette % prompte évasion : que le bonheur l’accompagne!.... Mais elle a £ui^ l’hymen, et Lorn a retiré sa promesse en présence 1 de nos chefs assemblés. J’ai offert ma main pour \ accomplir l’alliance projetée par nos pères... Re- ^ poussé avec dédain, je connoîtrois mal les lois de l’honneur, mon cœur seroit bien lâche, si je « jonois encore le rôle de suppliant pour le plaisir de Lorn. * ’ < * . ;

— Ami , répondit Bruce , c’est à l’église à décider cette question; mais il seroit peu juste, il ' > me semble, puisque Édith accepte, dit-on, Clif-

ford pour son époux, que le lien qu’elle a rompu - lTr ) ^pût encore te retenir; quant à ma sœur Isabelle, , ./ '• qui nous répondra des caprices d’une femme ? 1 Le chevalier du Rocher, vainqueur dans le tournois de Woodstok , ce chevalier inconnu, couronné de sa main , a su lui plaire , je le soupçonne; mais depuis le malheureux sort de notre frère . Nigel, depuis la ruine de notre maison, ma sœur,

‘ pensive et triste , est bien changée ! Peut-être , ajouta le monarque en souriant, peut-être ce que je viens d’entendre pourra lui causer d’autres -, rêveries : nous le saurons bientôt ; ces montagnes nous cachent le couvent de Saint-Bride, e’est là ..Y qu’Edward a déposé Isabelle, qui doit y de-

filf '-''J «ÎF

A-, Jl .

jr. ■ ■ -

Page 1