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Pendant qu’ils conversoient ainsi , le ménestrel muebétoit auprès d’eux, et appuyoit son front • contre le mât; un chagrin qu’il vouloit en vain réprimer arrachoit d’amers soupirs de son sein haletant ; ses mains pressoient ses paupières comme s’il eût voulu arrêter ses larmes au passage; mais elles ruisseloient malgré lui à travers ses doigts délicats. Edward, qui se pronrcnOit, plus loin sur le tillac, s’aperçut le premier de cette douleur contrainte; aussi irréfléchi quel brave, il s’empressa de consoler le jeune homme affligé. avec une bienveillance mêlée de brusquerie. Il arracha la foible' main qui cachoit ses yeux baignés de pleurs; le captif résistoit... mais le guerrier, avec une rudesse qu’il prenoit pour .line-marque d’amitié, essuya lui-même sès joues J e;i lui disant : — N’as-tu pas honte dé pleurer... Je voudrois que ta langue muette pût me dire quel est celui qui cause ta peine ; fut-il le meil-
leur de nos matelots, j’en aurois raison. Allons console-toi ; te voilà propre à servir de page à un guerrier : tu seras le mien. Un beau palefroi te
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sera confié pour me suivre à la chasse ou pour porter mes messages à ma belle; car je pense bien que tu ne trahiras point le nom de ma divinité.
• V XVII
Bruce s’approche à ces mots. — loyeux Edward, dit-il, ce n’est point là le page qu’il te faut pour garder ton arc, remplir ta coupe, ou porter tes messages auprès de la beauté. Tu es un maître trop rude et trop irréfléchi pour cet orphelin. Ne vois-tu pas comme il aime à rester nuit et jour à* l’écart. Il est assurément plutôt fait pour servir notre sœur Isabelle dans les paisibles occupations du cloître , et pour y prier le Ciel avec le père Augustin , que pour courir les aventures avec un guide tel que toi. — Grand merci de tes compliments flatteurs, répondit gaîment Edward!, Mais nous verrons un jour qui de nous deux protégera ou emploiera mieux ce pauvre enfant... Notre vaisseau est en vue du rivage , lançons la chaloupe et débarquons. V ^ *
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Le roi Robert sauta légèrement à terre et fit trois fois retentir son cor, qui réveilla les échos de Ben-Ghoil. C’étoit là que Douglas et Delà-
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haie serroient de près un cerf aux abois , et que . Lennox excitoit la meute trop lente au gré cfe son impatience.
— C’est l’ennemi , s’écria Boyd , qui accourut haletant et l’œil en feu... c’est l’ennemi; que chacun de nous, vaillants chevaliers , laisse son arc et prenne son épée. — Non, reprit le lord James, ce n’est point là un cor anglais ; je l’ai souvent entendu animer les combattants , les exciter à la victoire ou arrêter la déroute : Douglas, reconuois le signal de Bruce ; que chacun de nous se rende aux bords du Loch-Ranza; ce cor est celui dç
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notre monarque. •