XIX
La nouvelle se répand ; les guerriers courent au rivage en poussant les acclamations de la fidélité. lis se pressent autour de Bruce , lui §errènt les mains et versent des larmes. Les uns étoient de vieux guerriers dont le casque cachoit les . cheveux blancs , et dont la hache étoit encore 'souillée dix sang des Danois ; les autres , des enfants dont la foible main pouvoit à peine frapper de leurs épées pesantes contre le fer des boucliers. Il en étoit aussi qui portoient les cicatrices • de blessures reçues dans les malheureuses guerres d’Albyn , au fatal combat de Falkirk et aux défaites de Teyndum et de Methven. On remarquoit
— Pl ô lffj f d t
t ] rr
' • CHANT l\. %■ ' ' q5
. le robuste Douglas, l’aimable Lennox , Kirkpatrick, le chevalier redoutable de Closeburn-, Lindsay farouche et bouillant , l’héritier Delahai<?, victime d’un meurtrier, le grave Boyd et . le gai.Seton. Ils entourent le roi qui leur est rendu; ils pleurent et le pressent sur leur cœur ; vieillards et jeunes gens, seigneurs et vassaux; celui qui n’a jamais tiré le glaive du fourreau, comme le guerrier familiarisé avec les périls, tous sont déterminés à tout braver et à vaincre ou à mourir aux côtés de Bruce.
Guerre! tu as tes farouches plaisirs, tes rayons de joie qui brillent et éblouissent comme l’éclair de lumière qui jaillit du bouclier sur le champ de bataille. Tels sont les transports que fait naître le cri de victoire, ou le serment de vengeance après une défaite, quand une armée proclame les noms de ceux qui ont succombé en braves.
Terre des Bretons, tu fus toujours la patrie des héros! et tes nobles soldats aimeront toujours les sons de la lyre anglaise! O vous à qui l’honneur est cher, ne connoissez-vous pas cette joie sévère qui fait vibrer tous les ressorts secrets du cœur et inonde les yeux de larmes ? Pourriez-vous donc blâmer Bruce, si son mâle visage offrit des traces
. -.va-
-... •Cift tiétdJby Gppgle
LE LORD DES ILES
de pleurs lorsqu’il aperçut à ses genoux , et lui tendant les hras , les courageux patriotes qui avoient salué les premiers jours de son règne. Pourriez- vous le blâmer? Son frère osa le faire: tout en partageant sa foiblesse, mais honteux, il détourna la tète avec un sourire de fierté , et se hâta d’essuyer la larme qui le faisoit rougir.
IP
L’aurore a lui ; la cloche de matines a cessé de?
puis long-temps de retentir dans le cloître de •» , .
Saint-Bride. Une ancienne sœur accourt à la cel-
Iule d'Isabelle et s’écrie : — Hâtez-vous, jeune princesse, hâtez-vous; un noble étranger, vous attend à la grille. Les pauvres recluses de Saint-Bride n’ont jamais vu chevalier à l’air si imposant ; c’est à lady Isabelle qu’il veut parler, a-t-il dit. — La princesse était agenouillée pour répéter son rosaire; elle se lève et répond : — Qu’il vous confie son message; je ne puis entretenir un inconnu. — • — Saint-Bride m’en préserve, madame, reprit la tourrière en se signant; je ne voudrois pas pour le titre de prieure refuser un aussi grand seigneur. — Eh! quoi donc, dit Isabelle, les grandeurs de la terre peuvent-elles quelque chose sur une sœur de votre ordre? Êtes vous, comme les femmes mondaines, éblouie par un vain éclat? —
D igi üg ecfby Ge<«le