‹ Œuvres complètes de sir Walter Scott. Tome premier soixantième Romans poétiquesChapitre 36 sur 124 · CK I.OHO D£S ILI'S · texte numérisé non relu

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bruit de mes jeux. Dieu du ciel ! c’est à toi le premier que j’adresse mes actions de grâce; puis à vous tous, ô mes amis! Bruce s’interrompt à ces mots, se signe,., et jette sur la table son épée encore fumante et teinte jusqu’à la garde du sang des habitants.du sud. .

— Rapportez-moi, ajouta-t-il , les quatre coupes conservées par mes pères. Qu’on les fasse circuler autour de la table, et qu’elles soient le gage de la délivrance de l’Ecosse. Qu’il soit tenu Écossais déloyal , celui dont les lèvres effleureront le vin ,' et qui, dans son cœur, ne fera pas comme moi le serment sincère de ne tenir ni à sa vie ni à ses biens jusqu’à ce que la liberté soit conquise; que la honte éternelle soit son partage. Asseyez-vous, mes amis ; une heure de bonheur est courte ; il faut consacrée une heure à la joie. Les rayons du soleil ont plus d’éclat encore au milieu de l’orage. • ' ' * t .

— Nous avons commencé la délivrance de la patrie ; mais il nous reste beaucoup à faire. Qu’on expédie des courriers dans toute la contrée ; rassemblons nos vieux amis; obtenons-ert de nouveaux; qhe les chevaliers de Lanar^k revêtent leurs cottes de mailles; que les braves fils de

Digitizêd

CIJUNT - V.

Teviotdale se joignent à nous; que les archers ch’Étrick aiguisent leurs flèfehes : leur fidélité égale leur adresse. Appelez à non? toute l’Écosse , de- *

puis les défilés de Reedswair jusqu’aux contrées sauvages dii cap Wrath. Qn’on sache partout que l’aigle du nord a déployé ses, ailes.

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Qui pourra jamais les oublier les émotions délicieuses de ces jours d’enthousiasme , où le matin et le soir on voyoit accourir sur la place publique des courriers hors d’haleine? La voix 'tonnante du bronze, le son des cloches, nous annonçoient à chaque instant des victoires nouvelles. L’espérance, long-temps comprimée, prit enfin son sublime essor. Nos yeux ouverts dès la pointe du jour virent nos bannières triomphantes saluer les premiers rayons du soleil.

‘Jour de bonhëur ! tu mis un terme à nos incertitudës, à nos douleurs et à nos craintes; à vingt ans dé dévastation , de carnage et de larmes. La tristesse elle-même leva ses yeux: humides pour mêler, en soupirant, ses actions de grâces aux ' transports qui célébroieut la chute du despote , , la paix et la liberté. , • *- , . • • .

C’est ainsi que la Renommée parcourut en triomphe toutes les montagnes de l’Ecosse, quand le sort des armes eut frappé les usurpateurs , et

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que la bannière île Bruce flotta victorieuse sur les sommets de Lodoun, et dans les plaines d’Ury. La vallée de Douglas fut maintes fois inondée du sang des ennemis. L’intrépide Edward mit en fuite le vaillant Saint-John ; les vents du sud emportèrent sur leurs ailes les cris de guerre de Randolph; les villes et les châteaux devinrent la conquête de Bruce ; et la gloire proclamoit chaque jour un nouvel exploit du héros.

Le bruit de ces succès retentit dans le château du suzerain et dans la chaumière du laboureur. Il fit aussi réveiller dans leurs cellules solitaires les vierges de Saint -Bride. O belle Isabelle! toi qui renonces au titre de princesse, et que des vœux enchaînent au cloître, la règle qui t’ordonne dè porter le voile avec le scapulaire de laine, et de couper les tresses de tes noirs cheveux , cette règle sévère eondamnoit- elle le noble transport qui animoit tes yeirx htmndes , quand le ménestrel ou le pèlerin raoontoit quelque nouveau triomphe de ton frère valeureux? Mais quelle est cette jeune compagne quipartage tes espérances, tes craintes et tes prières? Ce n’est point une vierge des cloîtres. On la reoûnnoîtaux boucles de sa chevelure, à la. rougeur de son. front, à ses soupirs, à se»

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tressaillements involontaires, quand: la gloire du valeureux Ronald se trouve mêlée aux exploits de Brute. ‘

Quand le roi eut reconquis le château de ses pères et que sâ noble entreprise fut heureusement commencée, ses premiers soins avoient été d’envoyer le page muet à l’île d’Arran; mais un déguisement étranger ne put tromper long-temps les regards d’une sœur. Les deux amies habitèrent dans la même cellule. Le tardif consentement de Bruce permit enfin à sa sœur de prendre le voile et de prononcer les vœux. Edith est avec die; l’auguste fille «le Lorn vit inconnue; et, tandis que l’Écosse s’agite au milieu des combats, elle passe ses jours dans le calme de la retraite.

Plusieurs années s’étoient écoulées, quand des nouvelles d’une haute importance arrivèrent à Saint - Bride. ' ' * . • > ■ •

De toutes les conquêtes faites en Ecosse par l’épée victorieuse d’Édouard I er , son fils ri’avoit plus vers le nord du Tweed que le château de Stirling, assiégé par le roi Bruce. 'Un armistice nvoit été conçlu, et Ton convint que si les assiégés

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ne recevoient pas de secours du roi d’Angleterre

avant la veille de la Saint- Jean, ils livreroient la place à Bruce. Toute la Bretagne fut appelée aux armes. Des courriers et des hérauts parcouraient les provinces, sommant les princes et les seigneurs de se rendre à l’appel du suzerain, et de venir à Berwick pour faire lever le siège de Stirling. La Saint - Jean appjrochoit. . . Tous les soldats du sud se réunirent à la hâte, préparés au combat. On voit accourir tout ce que l’Angleterre avoit de nobles chevaliers et d’habiles archers. Les contrées qu’ils traversèrent sembloient embrasées par l’éclat que jetoient 4 leurs boucliers et leurs bannières ; mais les Anglais belliqueux n’obéirent pas seuls à cet appel ; on vit aussi accourir les guerriers de la Neustrie et de la Gascogne. La Cambrie, récemment soumise, fit marcher ses montagnards; et Connoght vit*sortir du fond de ses forêts et de ses déserts les cent tribus dociles au sceptre du sombre O’Connor.

• • L’orage s’approche, gronde et menace l’Écosse. C’est ainsi qu’un sombre nuage s’arrête suspendu dans les airs, et, s’abaissant peu à peu, dérobe le sommet des montagnes aux yeux du pèlerin tremblant. Mais ce ne fut point avec up regard

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timide que le roi Bruce vit l’orage s’avancer. Résolu à soutenir le choc, il fit proclamer que tous ceux qui le reconnoissoient pour maître eussent à prendre les armes et à venir combattre à ses côtés. Oh! qui pourrait nommer tous les illustres chevaliers qui se rendirent à cet ordre, et qui s’armèrent pour la bonne cause, depuis les monts Cheviot jusqu’aux cotes de Ross; depuis les sables de Solvvay jusqu’à Marshal. La nouvelle de ces préparatifs de guerre fut portée par un courrier du roi dans la vallée solitaire d’Arran; mais des ordres secrets étoient destinés à sa sœur Isabelle, qui s’empressa le lendemain d’en faire part à la fille de Lorn.

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-, — Est-il besoin de vous dire, Edith, combien la sincère union de nos cœurs est chère à votre Isabelle? Jugez donc de ma douleur quand il faut vous dire adieu. L’ombre triste d’un cloître ne fut pas faite pour vous; allez, mon amie, où un sort plus heureux vous attend ; mais ne croyez pas, ma chère Édith, que vous ayez été trahie, quoique mon frère sache que la fille de Lorn et son page muet n’étoient qu’un. Bruce connoît toute l’inconstance des hommes; il épia l’impres» sion que reçut Ronald en écoutant les derniers adieux d’Isabelle, qui lui prescrivoieoL de res-

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pecter les droits plus légitimes d’Edith, et d’être

fidèle à ses serments Pardonnez - lui , pour

l’amour de votre sœur. Si d’abord de vains regrets s’élevèrent dans l’âme de Ronald , ils sont éteints depuis long-temps. Il reconnoît maintenant quels droits vous avez sur lui , il se blâme souvent de son manque de foi; ô Edith! pardonnez-lui pour l’amour de vous- même.

— Non jamais, reprit Edith, je n’irai implorer l’alliance de Ronald. — Que votre impatience ne m’interrompe plus; écoutez mon récit jusqu’à la fin. '

— - Le roi mon frère voudroit qu’Étlith consentît à redevenir son page mystérieux. Elle pourrait alors juger par son cœur et par ses yeux du repentir de son amant... Libre , sous les auspices du roi, elle reviendrait , inconnue, habiter encore cette cellule et finir ses jours avec Isabelle, si tel étoit son desseip. '*

> Le monarque avoit peut-être des vues politiques *en faisant cette proposition. Dunstaffnage- avoit été pris ; le château de Lorn reconnoissoit la puissance de Bruce. Le frère d’Edith retiré en Angleterre y étoit mort dans l’exil; sa mort donnoit à sa Sœur des droits sur ses vastes

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domaines, et ceâ-droits ne seroient pas daugereux - pour Bruce entre les mains fidèles de Ronald.

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Le trouble de ses yeux , son embarras , la rougeur de son front, trahirent l’émotion et le plaw sir d’Édith. Elle feignit cependant de résister; ne devoit-elle pas blâmer son amie d’une indiscrétion qui livroit à un tiers ses importants secrets? Comment se résoudre à quitter Saint-Bride , cette paisible demeure ? Comment se séparer d’Isabelle et reprendre encore une fois ce vêtement étranger à son sexe , pour retourner au milieu des armées? Qui veillera sur elle dans son voyage? Elle désiroit au moins un délai. Isabelle sourit, et pardonna ce léger artifice d’une jeune fille qui craint de paroître céder au premier retour d’un amant infidèle.

Oh! ne la blâmez pas; quand le zéphyr se réveille, son haleine fait tressaillir la feuille mobile du tremble; quand le soleil dissipe les brouillards du mois d’avril , ses rayons font éclore la violette; . et l’amour, malgré tous les efforts d’un cœur of- . fensé , doit renaître avec l’espérance. Éditb opposa de tendres raisons aux murmures de sa pudeur. - - • ' ■'» ‘ ■ -ir

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Ronald lui étoit destiné depuis sa plus tendre jeunesse , ROnald avoit reçu ses serments et sa foi;... et puis pouvoit-elle ne pas obéir aux volontés de Bruce, son souverain , dont elle et ses biens dépendoient. Mais elle se promit de ne garder son déguisement de page que pendant un court espace de temps,... pendant un jour au plus : inconnue à tous, et surtout à Ronald , elle le verra encore une fois, elle l’entendra.... ( ne blâmez pas ce désir ), elle l’entendra prononcer le nom d’Edith; et, de retour dans sa retraite, elle rapportera la consolante idée qu’il s’est repenti de sa perfidie. Isabelle, qui depuis longtemps avoit observé sa pâleur et sa tristesse, et qui se reprochoit d’être la cause, innocente à la vérité, de ses malheurs, se réjouissoit d’avoir trouvé ce moyen «le réparer sa faute involontaire. Elle s’écria avec un cœur sincère : — Elle sera donc récompensée de toutes ses souffrances! L’heure du départ arriva bientôt; Édith s’embarqua sous la garde d’une troupe de montagnards. Fitz-Louis,leur chef, avoit reçu l’ordre de conduire à Bruce le page muet, connu sous le nom d’Amadine, avec tous les honneurs qui sont dus au favori du prince.

La jeune fille descendit la montagne, effrayée de cet appareil de guerre. Elle arriva au corps de réserve; là se trou voient réunis les hommes de Carrick et d’Aÿr, ceux de Lennox et de Lanark, et tous ceux des terres de l’Ouest. Les vaillants ■soldats des îles s’étoient joints à eux, rangés en ligne de bataille et couverts de leurs plaids. L’étendard glorieux de Bruce se déployoit avec orgueil dans le centre, non loin de la bannière de lord Ronald, dont les armoiries étoient un vaisseau à pleines voiles. Les cottes de maillés ' des guerriers de Bruce formoient un singulier contraste avec le plaid et le bonnet surmonté d’un panache des Hébridiens ; mais ce qui charma surtout les yeux de la fille de Lorn , ce fut le costume des montagnards, qu’elle n’avoit pas vu depuis trois longues années. — 11 est un guerrier surtout que ses regards cherchent dans la foule; il est loin d’elle au milieu des rangs : elle contemple avec le trouble de la tendresse les plis flottants de sa bannière, puis jette un coup d’œil sur le nombre immense des ennemis, et frémit en pensant aux chances de la guerre.

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LE LORD DES ILES

Fitz-Louis conduisit le page jusqu’au centre de l’avant-garde; é’étoit là qu’on voyoit les vaillantes cohortes dès Marches, les guerriers de Loudon , la troupe peu nombreuse mais redoutée des archers de Liddell et d’Étrick. L’intrépideDouglas et le jeune Stuart commaudoient les hommes de Nith et de la vallée d’Arran et les courageux lanciers de Teviotdale. Près de l’église de-Saint- Ninian étoient réunis, sous les ordres du valeureux Randolph, les soldats envoyés par l’Ecosse depuis Tay jusqu’à Sutherland. Le reste de l’avantgarde , commandée par Edward Bruce , étoit protégé vers l’ouest par les ravins profonds de Bannock. Derrière eux étoit posté le brave Keith, le lord maréchal. Un rideau de feuillage cachoit ses

hommes d’armes avec leurs lances, leurs casques et leurs panaches flottants. Telle étoit la disposition des différents corps d’armée que Bruce avoit ordonnée. Edith et son guide se dirigèrent vers le monarque.

xur.

Arrivés au premier poste, ils s’arrêtèrent. Le roi, placé à une portée de javelot du front de bataille , observoit l’ennemi et faisoit aligner ses

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soldats. Armé de pied en cap, il guidoit Un léger palefroi, attendant le moment de l’attaque pour monter son cheval de bataille. Le diadème d’or hrilloit sur son casque d’acier; au haut de son cimier étoitattaché le gant d’Argentine, gage de son défi; la hache d’arme rempiaçoit dans ses •mains le bâton de général.

A trois portées de javelot plus loin paroit l’armée anglaise. , Les chefs, appuyés sur leurs armes, tiennent conseil, et se demandent s’il faut engager le combat dans la nuit même, ou le différer jusqu’au lever de l’aurore.

» XIV

* Qu’il est beau , mais qu’il est terrible , le spectacle qu’offre la première ligne de cette. armée! L’or et l’acier y étincellent de toute part. Le roi d’Angleterre y est avec tous les pairs.

Quel est celui qui , voyait ce monarque entouré de tout son royaume armé pour défendre s, es droits, eût osé prédire le triste sort qui le menaçoit? Il fait caracoler avec grâce son noble coursier; et l’on reconnoît dans ses yeux quelques étincelles du feu des Plantagenets. Son re-

* gard naturellement distrait se ranime à la vue des boucliers et des armes.

— Argentine, dit-il , connoissez-vQUS cé cheva-

^ITEfgâgeyqui surmonte son casque^ine dit que ’c’esl Brticç'lni-mème : ie le reconnais: — fr ComxiieÆge^trattre , dit Édouard, a-t-il l’audacede brfVCr ma présence et nos drépçaüifc? V ’jT^ #épOTqi|^|\rgentine , que n’est-il monté sqt' Att coursier lomme le mien, poiftr quÿlaparSié jfu^ égale ; j’iittis rompre une lance a vec loi; ‘ Pan s un jq^ple bataille , répartit^ roi^ les lois^dte la chevalerie' son t mises de côté. Ce rebeheôse irriter tqôn çourroux^ qu’onfondéSuEiorèfc qu’il disparéit^^de mes yeux. — A cet ordre du-ft», tir Henry Bonne sortit des rangs, s -X

£ir fléiifétoît issu de l’illustre sang déféré* Mb #i renommés- dans la chevalerie ; brunit dé se signaler devant lé roi par quelque exploit di-

gne de &ntecq, il pressa son coursier, mit lütiance ën arrê^^Fs^lança surÆruce. Immobile ëarnf&te . le rocher qui brave le choc de la vague irritéé, Bruce y estasferme sur ses arçons. Toupies çôejxffe palpitèrent , tous les yeux se fixèrent suf l^sdtj^k combattants JPIus ra pide que la pensée , le.regard etVéclair, sir Henrj ( fondit sur le roi. te faible palefroi de Bruce auroit-il pu Soutenir un tel choc? La perdrix résisterait plutôt au faucon .

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CHAÎfT VI. «

Évitant la rencontre oii chevalier au naoiÉitht ' même où il étoit prêt à frapper, lîrtice se détourne avec adresse : sir Henry va poursuivre sa carrière... mais sa course ne fut pas longue. Bruce, affermi sur ses étriers, lança avec, force Sa hache d’armes, qui alla frapper avec tant dë force sur le chevalier anglais, que son casque fut écrasé comme le fruit du noyer, et que sa hache d’armes se brisa jusqu’à la garde. Le cheval tressaillit et abandonna sur le sable le corps sans vie de son maître. Ah ! combien fut soudaine et rapide la mort de Boutie, première victime de ' cette fatale journée !

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Bruce jeta un regard de pitié sur le cadavre de son ennemi : puis, ayant tourné la bride de son coursier, il regagna tranquillement les rangs de l’armée écossaise. Les chefs s’approchèrent de lui et le blâmèrent à haute voix d’exposer ainsi à l’épée d’un aventurier une vie si précieuse et si chere. Bruce, remarquant alors sa hache, répondit (1 ’un air indifférent : — Je paie cher mon imprudence, ma fidèle hache d’armes s’est brisée dans Inès mains. J v.

Dans ce moment, Fitz-Louis aborda respectueusement le roi et s’acquitta de la commission r d’Isabelle. Edith déguisée se tenoit à, quelques

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pas de distance, et ’ca’ehoit sa rongeur entre ses mains. En l'apercevant, le monarque jeta loin de lui sa hache ensanglantée, et s’avança vers le prétendu page, cherchant à donner plus de douceur à son regard. Il prit la main d’Amadine avec la grâce d’un chevalier, et son sourire bienveillant promettoitau pagetimide l’amitié d’un frère chéri.

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